La position ambiguë de la France envers la Turquie est de plus en plus intenable

lundi 6 février 2017
par  Amitiés kurdes de Bretagne

La Turquie justifie l’intervention de son armée au Rojava (nord de la Syrie) par une riposte à la recrudescence des affrontements sur son territoire, depuis l’été 2015, avec les « séparatistes kurdes du PKK ». Son objectif actuel est la prise de la ville d’Al-Bab, tenue par le prétendu Etat islamique (EI?) depuis novembre 2013, mais cette offensive vise en fait à empêcher la jonction entre les cantons d’Afrin et de Kobanê, qui permettrait à la gouvernance basée sur le confédéralisme démocratique mis en place au Rojava de se développer dans un territoire homogène, sur une longueur de 600 km à la frontière avec la Turquie. Ce qui est évidemment inacceptable pour le président dictateur RT Erdoğan qui n’entend pas voir un tel projet se développer en Turquie, comme le propose le programme défendu par le HDP, Parti démocratique des Peuples. C’est la raison pour laquelle il a pris le contrôle des villes kurdes dirigées par ce parti, dont Diyarbakir et a fait embastiller par milliers non seulement les élus et militants kurdes mais tous ceux, journalistes, universitaires, militaires, avocats, magistrats, cadres administratifs, bref, tous ceux qui sont susceptibles d’offrir quelques résistances à son pouvoir absolu. Jusqu’à quand va-t-on se laisser mystifier par cette politique moralement, politiquement et stratégiquement indéfendable ?

La chute programmée de Raqqa

Les YPG? (Unités de Protection du Peuple) kurdes sont aidées, équipées et encadrées, au grand dam d’Erdoğan, par les forces spéciales américaines et se préparent à en finir avec Raqqa, la « capitale » de l’EI en Syrie. L’offensive contre Raqqa, lancée le 6 novembre dernier par les Forces démocratiques syriennes (FDS), composées majoritairement des YPG mais comprenant aussi des combattants arabes, est, depuis le 4 février dernier, au début de sa troisième phase. Pour la première fois, les forces de la Coalition ont fourni aux FDS des véhicules blindés tout-terrain, mais en trop petit nombre, se plaint le porte-parole des FDS qui espère une aide plus substantielle, indispensable pour conquérir Raqqa. Il réclame des mitrailleuses lourdes, des chars et autres véhicules blindés qui devraient arriver dans les prochains jours.

Les autorités françaises ont elles aussi fait le choix, après avoir reçu à l’Elysée des dirigeants politiques et militaires du Rojava, début 2015, d’apporter assistance aux FDS, qui comptent environ 30 000 combattants, dont les deux tiers appartiennent aux YPG. Des « conseillers » du COS (Commandement des Opérations spéciales) assurent le contact avec les YPG depuis le camp de Mistenûr (Kobanê) et le service Action de la DGSE intervient, dans la tradition de ses opérations clandestines. Officiellement, l’implication française ne suscite pas l’ire des autorités turques, Paris s’efforçant, au nom du dialogue stratégique qu’il s’échine à promouvoir, de donner des gages à Ankara, par exemple en étouffant une affaire gênante pour les relations franco-turques : l’assassinat en plein Paris en 2013 de trois militantes kurdes par le MIT? (services secrets turcs) dont le directeur adjoint était, au moment des faits, Ismail Hakki Musa, aujourd’hui ambassadeur de Turquie à Paris. La France est sous surveillance mais la libération de Raqqa par les FDS pourrait avoir un retentissement semblable à celui qui a suivi la libération de Kobanê et - pourquoi pas ? - changer la donne.

La grogne militaire

Le développement de la coopération militaire bilatérale se heurte aujourd’hui à la grogne de la haute hiérarchie militaire française qui, après les purges effectuées dans l’armée turque (ses effectifs passant, en quelques mois, de 596 000 à 392 000 hommes !) a perdu nombre de ses contacts locaux, la plupart pro-occidentaux. Ceci vaut aussi pour le renseignement militaire. L’arrestation du général Mustafa Ozsoy, ainsi que la mise à l’écart d’une majorité des cadres délégués auprès de l’Otan, ont mis l’Alliance atlantique en porte-à-faux. Le général Curtis Scaparrotti, commandant suprême des forces alliées en Europe, l’un des deux commandants stratégiques de l’OTAN, a précisé, lors de la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Alliance atlantique, que 150 officiers supérieurs et généraux turcs en poste dans ses états-majors avaient été limogés par Erdoğan depuis août 2016. Les remplaçants, triés sur le volet, se distingueraient par un engagement nationaliste assumé et par leur réserve vis-à-vis des analyses stratégiques de l’Otan. La politique complaisante de la France pourrait elle aussi être bientôt en porte-à-faux.

André Métayer


Agenda

<<

2017

 

<<

Novembre

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
303112345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930123
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Sur le Web

HPG (People’s Defence Force)">20 novembre - WE COMMEMORATE WITH RESPECT OUR HEROIC COMRADES WHO FELL AS MARTYRS IN BESTA

HPG (People’s Defence Force)">20 novembre - ACTION AGAINST THE OCCUPYING TURKISH ARMY IN AMED

HPG (People’s Defence Force)">19 novembre - OPERATIONS OF THE OCCUPYING TURKISH ARMY IN ŞIRNAK

HPG (People’s Defence Force)">17 novembre - AIR ATTACKS AGAINST THE MEDYA DEFENCE ZONES

HPG (People’s Defence Force)">14 novembre - OPERATIONS IN BESTA AND MARDIN

HPG (People’s Defence Force)">13 novembre - AERIAL ATTACKS AGAINST MEDYA DEFENCE ZONES

HPG (People’s Defence Force)">12 novembre - ACTION AGAINST OCCUPYING TURKISH ARMY IN ŞEMZÎNAN

HPG (People’s Defence Force)">9 novembre - SABOTAGE ACTION AGAINST THE OCCUPYING TURKISH ARMY IN SILOPI DISTRICT

HPG (People’s Defence Force)">8 novembre - ACTION AGAINST THE OCCUPYING TURKISH ARMY IN ŞIRNAK

HPG (People’s Defence Force)">6 novembre - SABOTAGE ACTION IN ŞIRNAK

HPG (People’s Defence Force)">5 novembre - ACTION AGAINST OCCUPYING TURKISH FORCES IN ADILBEĞ AREA

HPG (People’s Defence Force)">4 novembre - ACTION AGAINST THE OCCUPYING TURKISH ARMY IN GOVENDÊ, ŞEMZINAN

HPG (People’s Defence Force)">3 novembre - OCCUPYING TURKISH ARMY INFLICTED HEAVY BLOWS IN ŞEMZINAN

HPG (People’s Defence Force)">1er novembre - ACTION AGAINST OCCUPYING TURKISH FORCES IN GOVENDÊ, ŞEMZÎNAN

HPG (People’s Defence Force)">31 octobre - HEAVY BLOW INFLICTED ON OCCUPYING TURKISH ARMY IN GEVER

HPG (People’s Defence Force)">30 octobre - ACTIONS AGAINST OCCUPYING TURKISH FORCES WITHIN REVOLUTIONARY CAMPAIGNS

HPG (People’s Defence Force)">29 octobre - BLOW INFLICTED ON OCCUPYING TURKISH ARMY IN MERSIN AND AMED

HPG (People’s Defence Force)">28 octobre - BLOW INFLICTED ON OCCUPYING TURKISH ARMY'S DISGUISED UNITS IN ŞEMZINAN

HPG (People’s Defence Force)">27 octobre - ACTION AGAINST POLICE OFFICERS IN MARDIN

HPG (People’s Defence Force)">26 octobre - HEAVY BLOW INFLICTED ON OCCUPYING TURKISH ARMY IN VAN

Statistiques

Dernière mise à jour

dimanche 19 novembre 2017

Publication

1132 Articles
Aucun album photo
110 Brèves
28 Sites Web
18 Auteurs

Visites

180 aujourd’hui
574 hier
868693 depuis le début
15 visiteurs actuellement connectés