Les amis du peuple kurde s’organisent au niveau national

lundi 15 mars 2010
par  Amitiés kurdes de Bretagne

Réunis à Paris le 27 février dernier, les différents groupes informels et associatifs « amis du peuple kurde », ainsi que des associations dont les objectifs généraux sont la défense des droits humains, ont décidé de renforcer leurs liens dans une coordination au niveau national pour favoriser les échanges d’information et organiser des actions communes qui seront révélées au fur et à mesure, dans le cadre d’un calendrier établi.

La ligne de conduite adoptée est celle qui découle de la déclaration votée à l’unanimité des présents lors du colloque du 30 avril 2009, à Paris, au Palais du Luxembourg, sous la présidence d’Isabelle Pasquet, Sénatrice, organisé par Solidarité et Liberté, le MRAP, le Parti communiste français, le Centre d’Information du Kurdistan, le Centre culturel kurde Ahmet Kaya, la Fédération des Associations kurdes en Europe, les Amitiés kurdes de Bretagne, les Amis du Peuple kurde de Strasbourg et le Mouvement de la Paix. Les organisations présentes et les personnalités invitées du monde politique, journalistique, associatif et culturel, conscientes de l’urgente nécessité à trouver une solution politique à la résolution de la question kurde ont demandé à la Turquie de prendre des mesures pour faire « gagner la paix », à savoir : modifier sa Constitution, ouvrir des négociations entre belligérants et reconnaître l’identité kurde, ce qui implique de libérer la parole et l’action du BDP, de faire taire les armes et d’arrêter les atteintes aux Droits de l’Homme.

AKB, pour sa part, ouvre son site à la Coordination et aux différents groupes pour faire connaître leurs actions

André Métayer

MOBILISATION en CORSE

Bienvenue à la toute nouvelle association Amitiés Corse Kurdistan, créée le 24 octobre 2009, qui se propose de « faire connaître le patrimoine culturel et social du peuple kurde, de développer les échanges et de prendre toute initiative permettant la défense des droits humains dans les différentes parties du Kurdistan et la reconnaissance de droits culturels et politiques du peuple kurde ».

En projet : une carte postale, en collaboration avec le peintre Chisa, une conférence de presse, une chanson en collaboration avec le parolier Pierre Agostini et le groupe corse "A Tavagna".

La Turquie ne veut pas d’une société démocratique.

La cour constitutionnelle turque a interdit, le 11 décembre 2009, le principal parti pro-kurde du pays, le DTP (Parti pour une Société démocratique). Ce parti compte 21 députés au Parlement. Dans toutes les villes, les manifestants kurdes sont arrêtés, passés à tabac, tués.

Nous devons accentuer la pression sur le gouvernement turc pour simplement lui rappeler qu’il n’est pas dispensé de mettre en pratique les Droits de l’Homme.

Amitiés Corse Kurdistan a déjà lancé une pétition qui a recueilli, en 100 jours, près de huit cents signatures :

SOUTIEN AU PEUPLE KURDE

Les personnes soussignées demandent :
- l’arrêt du harcèlement judiciaire à l’encontre des membres d’associations kurdes en Europe ;
- la reconnaissance des droits et de l’identité culturelle et politique kurdes ;
- que le PKK soit rayé de la liste des organisations terroristes, reconnu comme un mouvement politique de résistance ;
- la liberté pour Abdullah Öcalan ;
- le soutien des Etats Européens aux efforts pour trouver une solution démocratique à la question kurde.

Pour consulter et signer la pétition, Pétition du Web / Soutien au peuple kurde.

MOBILISATION à MARSEILLE

Les Kurdes de la région de Marseille et leurs associations sont depuis un certain temps dans le collimateur du pouvoir répressif de l’Etat français et de son bras armé : la sous-direction anti-terroriste (SDAT) de la police judiciaire et la 14° section du tribunal de grande instance (TGI) de Paris, dite « antiterroriste », qui ont procédé avec brutalité à des perquisitions suivies d’arrestations musclées et d’incarcérations scandaleuses. Les rafles du 13 janvier 2009, des 4/5 juin 2009 et du 26 février 2010 ont provoqué des manifestations de protestations, notamment le 14 et 21 janvier 2009, le 1° juillet 2009 et le 27 février 2010 regroupant à chaque fois plus d’un millier de personnes.

Liberté pour le peuple Kurde / Halte à la répression

Les associations Solidarité et Liberté, CIMADE, Réseau Education sans Frontière, Parti communiste français, Maison du Peuple kurde, Jeunesse kurde de Marseille, Ligue des Droits de l’Homme, mais aussi des citoyens marseillais venus spontanément apporter leur soutien, se sont retrouvés le10 mars dernier, à la Maison du Peuple kurde de Marseille, pour envisager une riposte solidaire : cette coordination marseillaise a décidé d’interpeller le Président de la République et d’alerter les parlementaires français et européens sur la situation des Kurdes en Turquie et de dénoncer la politique répressive qui s’intensifie en France et en Europe à l’égard des militants kurdes : elle demande en particulier la libération de tous les kurdes détenus pour des raisons politiques dont les quatre jeunes marseillais victimes de la dernière rafle.

La coordination s’est organisée concrètement pour venir en aide à leur famille et leur apporter un soutien moral, juridique et financier.

Une distribution de tracts est prévue à Marseille lors de l’importante manifestation intersyndicale du 23 mars prochain.

MOBILISATION à STRASBOURG

Soutien au peuple kurde : « Nul ne peut contester à un peuple le droit à la reconnaissance de son identité ; Il est du devoir des progressistes et démocrates européens de soutenir les Kurdes dans ce juste combat »
C’est en ces termes que l’association Les Amis du Peuple kurde de Strasbourg et son président Bernard Revollon, avaient donné samedi 13 février 2010 rendez-vous aux amis et sympathisants de cette cause légitime place Porte Blanche, pour participer à cette grande manifestation européenne des Kurdes à Strasbourg « organisée pour demander la libération d’Abdullah Öcalan, la reconnaissance de l’identité kurde et dénoncer toutes les répressions antidémocratiques de l’état turc ( arrestations de 1 000 dirigeants et élus du DTP, interdiction du DTP, répression violente de la grève des 12 000 ouvriers de TEKEL) ».

Bernard Revollon, a lancé un appel à cette occasion :

Notre gouvernement et l’Union européenne doivent interpeller le gouvernement turc pour qu’il s’engage véritablement dans cette voie démocratique, et ne pas fermer les yeux hypocritement ; les médias doivent informer, et ne pas faire silence, sur la question kurde ; pour notre part, nous continuerons notre action de soutien à votre égard, pour exiger la libération de votre leader d’Abdullah Öcalan et aussi la libération de tous les élus kurdes du DTP arrêtés, et pour exiger la cessation de toutes les atteintes aux Droits de l’Homme commises par le gouvernement turc.

Manifestations prévues :

- 14 mars 2010 : journée d’action contre la construction de barrages sur le Munzur (région du Dersim), avec meeting et conférence de presse, organisée par : DIDF Strasbourg, Association culturelle des Alevis de Strasbourg, Association culturelle des Kurdes de Strasbourg, Association culturelle Munzur de Paris, les Amis du Peuple kurde de Strasbourg.

- samedi 20 mars à 18h : Newroz? à Strasbourg

MOBILISATION en BRETAGNE

Suite aux arrestations et aux incarcérations, la réaction des Kurdes a été immédiate et massive ; des milliers de Kurdes ont convergé vers Bruxelles le samedi 7 mars et d’autres ont manifesté dans différentes villes françaises et européennes : 600 Kurdes de Bretagne sont venus défiler à Rennes aux cris de « Nous sommes tous PKK », « Les Kurdes ne sont pas des terroristes », « Libérez nos camarades », « Ne touche pas à ma Télé », « Turquie fasciste – Europe complice ». Le sit-in place de la Mairie a été précédé d’une minute de silence à la mémoire de toutes les victimes : les morts mais aussi les milliers de détenus pour raisons politiques, parmi lesquels des maires, des élus politiques et des militants associatifs, des femmes et même des enfants. Les Amitiés kurdes de Bretagne (AKB) ont pris la parole pour apporter le soutien de l’association à la cause kurde et dénoncer cette politique européenne qui criminalise les Kurdes au motif qu’ils ne dénoncent pas le PKK comme une organisation terroriste.

Les Kurdes de Bretagne organisent une marche aux flambeaux le 20 mars pour commémorer la fête de Newroz (21 avril) qui sera célébrée le dimanche 28 mars (avec la production de nombreux artistes dont Ferhat Tunç, Hozan Diyar). L’intervention des Amitiés kurdes de Bretagne, de retour de Hakkari et de Diyarbakir, est attendue [1] ; est prévue également l’organisation d’un grand rassemblement à Nantes le 10 avril pour faire savoir notre réprobation face au sort réservé aux Kurdes et porter le plan de paix approuvé par tous les amis du Peuple kurde réunis dans une coordination au niveau national. On parle également d’un festival culturel kurde en Bretagne pour 2011 (mais chut, il faut que l’idée fasse son chemin).

MOBILISATION à PARIS

Le Centre culturel kurde organise une réception le vendredi 19 mars prochain, dans ses locaux rue d’Enghien et une soirée le 27 mars à Paris Montreuil pour fêter « Newroz nouveau jour ».

Une excellente explication sur le Newroz sur le site Pote à Pote.

MOBILISATION à MILLAU

« Libérez nos amis kurdes » (José Bové)

Le Comité de Soutien à Ali Dogan et aux autres Kurdes emprisonnés a appelé à manifester devant la sous-préfecture de Millau, jeudi 4 mars :

Depuis 2007, les Etats européens, dans le cadre d’échanges avec la Turquie, se sont lancés dans la répression contre le peuple kurde. Echanges de bons procédés ? Toujours est-il que l’Europe procède à des vagues d’arrestations injustifiées. Le peuple kurde de Turquie est aujourd’hui victime de négociations politiques et surtout économiques entre les Etats, dans lesquels ils servent de monnaies diplomatiques et notamment en France. Depuis 1987, des dizaines de milliers de Kurdes, dont les 4 000 villages ont été détruits par l’armée turque, ont été déplacés. Beaucoup d’entre eux, perdus, victimes de la répression politique et de la torture dans les prisons turques, sont arrivés en Europe (cf. rapport d’Amnesty, Cour européenne des Droits de l’Homme et Commissariat des Droits de l’Homme et des Réfugiés des Nations-Unies...). C’est dans ce contexte d’acharnement que les sections antiterroristes en Europe ont arrêté ces derniers jours 93 personnes dont 11 en France. Elles ont été placées en garde à vue. Le motif de leur arrestation reste inconnu. A l’issue de 5 jours de garde à vue, 7 d’entre elles ont été mises en examen et placées en détention provisoire à Paris. Parmi elles, Ali Dogan, citoyen français, ethnologue et journaliste, résidant au Mas Razal (Pierrefiche du Larzac), organise depuis plus de 10 ans, de façon tout à fait légale et connue, des journées d’échanges avec des associations culturelles, journées auxquelles participent également des universitaires et des associatifs et ce dans la plus grande transparence. Ali est très connu pour son engagement auprès des défenseurs des Droits de l’Homme et contre la torture en Turquie. Interprète, il est également connu pour sa médiation entre les autorités administratives françaises (juridiques et policières) et les réfugiés kurdes. C’est avec consternation que nous avons appris la nouvelle de son arrestation. Nous souhaitons que le peuple kurde puisse disposer de lui même de manière démocratique et en accord avec les Droits de l’Homme. Nous exigeons la libération immédiate de notre ami et voisin Ali Dogan et des autres Kurdes emprisonnés avec lui en Europe. Dès à présent, nous annonçons la création d’un comité de soutien.

MOBILISATION à LYON

Le groupe informel de Lyon travaille à un projet d’émission radio ; une émission sur les femmes dans le maquis kurde a déjà été réalisée par un groupe de femmes "amies féministes" ; un article est paru dans Rebellyon à propos du procès intenté contre 19 antimilitaristes d’Ankara, poursuivis pour avoir participé le 6 janvier dernier à un rassemblement de soutien à un objecteur de conscience incarcéré ; une diffusion de tract devant le consulat turc de Lyon, le 15 février, a été l’occasion de discussion "à propos de la guerre au Kurdistan, avec de nombreux ressortissants turcs de Lyon qui ne peuvent pas retourner dans leur région d’origine, précisément à cause de l’obligation de s’acquitter du service militaire".

MOBILISATION au PARLEMENT EUROPEEN

Question kurde : des eurodéputés demandent à l’UE de faciliter le dialogue politique entre le gouvernement turc et les Kurdes pour une solution politique

Ce mercredi 10 mars, plusieurs députés européens ont adressé une lettre aux plus hautes personnalités de l’UE afin de les sensibiliser sur les arrestations récentes de représentants kurdes, notamment en France et en Belgique. Pour les signataires de la lettre, ces arrestations de Kurdes, particulièrement en France et en Belgique, visent à réduire la question kurde à un problème de sécurité et sont inacceptables.

Ils demandent que cesse la criminalisation des Kurdes et qu’une solution politique à la question kurde soit trouvée. Ils considèrent que l’Union européenne et ses États membres doivent faciliter le dialogue politique entre le gouvernement turc et les Kurdes pour une solution politique.

Cette lettre ouverte a été adressée aux Chefs de gouvernement de l’Union européenne et à leurs différents Ministres (Intérieur, Justice, Affaires étrangères), à Catherine Ashton, Haut-représentant de l’Union européenne aux affaires étrangères, et à Štefan Füle, Commissaire à l’élargissement de l’Union Européenne, avec copie aux ambassadeurs de Turquie auprès de la Belgique, la France et l’Union Européenne.

Nous demandons aux Etats-membres de l’Union européenne d’encourager la Turquie à reprendre rapidement le processus d’ouverture démocratique. Nous rappelons que seule l’adoption d’une nouvelle Constitution pourra garantir l’effectivité et l’égalité pour tous les citoyens en Turquie.
Nous manifestons notre soutien à M. Ali Mehmet Dogan et demandons que les droits fondamentaux de l’ensemble des inculpés soient pleinement respectés afin qu’ils puissent bénéficier au plus tôt d’une remise en liberté.

Premiers signataires :

François ALFONSI, député européen Verts/ALE [2]

Sandrine BELIER, députée européenne Verts/ALE

José BOVE, député européen Verts/ALE

Pascal CANFIN, député européen Verts/ALE

Cornelia ERNST, député européen GUE/NGL [3]

Hélène FLAUTRE, députée européen Verts/ALE

Catherine GREZE, députée européenne Verts/ALE

Nicole KIIL-NIELSEN, députée européenne Verts/ALE

Jürgen KLÜTE, député européen GUE/NGL

Patrick LE HYARIC, député européen, Vice-président du groupe GUE/NGL

Sarah LUDFORD, députée européenne ALDE

Michèle RIVASI, députée européenne Verts/ALE, France

PROTESTATION du PARTI COMMUNISTE FRANCAIS

Dans une lettre adressée à l’Ambassadeur de la République de Turquie à Paris, Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF et Députée de Seine-Saint-Denis, après avoir rappelé les récents événements (dissolution du DPT, arrestations, incarcérations, bannissements de la vie politique, contrôles judiciaires à l’égard d’élus et de cadres politiques mais touchant aussi des responsables associatifs, des fonctionnaires, des syndicalistes, des journalistes et même des enfants) exprime son indignation :

Nous vous demandons d’intervenir d’urgence auprès de votre gouvernement pour que cette répression injustifiable, qui constitue un véritable déni de démocratie, et pour que toutes les personnes emprisonnées soient remises en liberté […] l’interdiction d’un parti démocratique, les jugements arbitraires et la répression de l’identité kurde écartent la Turquie de l’Union européenne au lieu de la rapprocher.

Et de conclure par cet avertissement :

Soyez certain, Monsieur l’Ambassadeur, de la détermination du Parti communiste français à manifester sa solidarité avec le peuple kurde et avec toutes les forces progressistes de Turquie favorables à un règlement démocratique de la question kurde.


[1Une délégation des Amitiés kurdes de Bretagne se rendra à Hakkari et à Diyarbakir du 17 au 25 mars à l’occasion du Newroz?, avec comme objectifs : célébration de la Fête du Newroz, consolidation des actions de coopération, défense de la démocratie locale et défense des détenus pour raison politique ; l’étape à Diyarbakir sera essentiellement tournée vers les prisons de Diyarbakir où sont détenus des maires, des élus et des cadres du DTP/BDP, et en particulier vers quatre d’entre eux pour lesquels une autorisation de visite a été demandée. Cette délégation est soutenue par le Président du Conseil régional de Bretagne, les Présidents des Conseils généraux d’Ille-et-Vilaine et des Côtes-d’Armor, six parlementaires d’Ille-et-Vilaine et le Maire de Rennes.

[2Verts/Alliance Libre européenne

[3Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique


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