Désobéissance civile à Diyarbakir à partir du 24 mars

mercredi 23 mars 2011

Ils l’ont annoncé au cours d’une conférence de presse, Ahmet Türk et Aysel Tugluk, co-président(e)s du DTK (Congrès Démocratique du Peuple) [1], Selahattin Demirtaş and Gültan Kışanak, co-président(e)s du BDP (Parti pour la Paix et la Démocratie) : les manifestations qui ont mobilisé, à l’occasion du nouvel an kurde (21 mars), plusieurs millions de Kurdes, ne vont pas s’arrêter là et les feux du Newroz? ne vont pas s’éteindre. Ils entendent poursuivre l’action sous des formes permanentes de désobéissance civile visant à contraindre le gouvernement à ouvrir des négociations en vue de trouver une solution à la question kurde.

Partout, dans le pays, fleurissent « les chapiteaux de la Liberté, de la Paix et de la Résistance ». Ils sont l’objet de réactions musclées des forces de l’ordre qui détruisent ces nids de résistance, chassent les militants à coups de matraque et de gaz lacrymogènes et procèdent à des arrestations ciblées.

Selahattin Demirtas a souligné que la grève sur le tas va commencer à Diyarbakir le 24 mars à 12 heures. L’objectif est d’établir sous ces chapiteaux une manifestation permanente, le temps qu’il faudra pour faire aboutir les revendications que tout un chacun connaît et qu’il énonce à nouveau :

- Stopper immédiatement les opérations militaires et les agressions politiques ;
- Fournir sans délais les garanties constitutionnelles concernant l’éducation et l’enseignement dans la langue maternelle et permettant l’emploi du kurde dans la vie publique ;
- Modifier le mode de scrutin aux élections en supprimant le seuil de 10% qui empêche la représentation du peuple kurde à la Grande Assemblée (Parlement) de Turquie [2] ;
- libérer tous les prisonniers politiques.

Les orateurs concluent la conférence de presse en interpellant l’opinion publique internationale et en lui demandant de prendre clairement position : « vous êtes pour ou contre la liberté » ?

Vous avez répondu « oui » quand il s’agissait de la Tunisie, de l’Egypte, de la Libye. Que répondez-vous quand il s’agit des Kurdes ?

André Métayer


Photo ANF


[1Considéré par les Kurdes de Turquie comme leur Parlement, le DTK rassemble tous les élus issus des rangs du Parti pour la Paix et la Démocratie, le BDP (successeur de DTP dissout) – c’est-à-dire les députés, les maires, les conseillers municipaux et provinciaux-, mais aussi des présidents d’organisations civiles ou religieuses, des journalistes, des écrivains. C’est une assemblée permanente de 101 membres dont des personnalités éminentes comme Osman Baydemir, maire métropolitain de Diyarbakir.

[2Le seuil électoral correspond au pourcentage minimum de voix que doit récolter un parti pour être représenté dans les systèmes électoraux proportionnels. Le seuil électoral de 10% en Turquie prive une grande partie de la population d’une représentation au Parlement. Même la Harvard Law School américaine le dit !


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