Voiture piégée à Ankara : à qui profite le crime ?

mercredi 21 septembre 2011

Trois personnes ont été tuées et 15 autres blessées dans un attentat survenu mardi dans le centre d’Ankara, a déclaré le ministre turc de l’Intérieur Idris Naim Sahin, évoquant immédiatement une attaque « terroriste ».

« L’attentat n’a pas été revendiqué mais selon les autorités il s’agirait de l’œuvre des rebelles kurdes. » précise une dépêche de l’AFP oubliant de mentionner le démenti catégorique du PKK dénonçant une manipulation visant à le discréditer.

A qui profite ce crime ? Pas aux Kurdes, en tous cas, et, quels qu’en soient les auteurs, il faut condamner avec fermeté et sans ambigüité cet attentat aveugle.

Il faut aussi condamner avec fermeté et sans ambigüité la politique répressive d’un Etat qui pousse à bout un peuple qui ne réclame que des droits légitimes, des droits qui ne remettent en rien ni l’intégrité du territoire (les revendications ne sont pas « séparatistes » ) ni la paix au Moyen Orient.

Il est en effet inacceptable que ce « modèle turc » continue et intensifie ses dangereuses opérations militaires en territoire irakien, maintienne en détention des milliers de militants associatifs et politiques et refuse d’ouvrir des négociations pour trouver une solution politique à la question kurde.

Cet attentat arrive au moment où le Premier Ministre turc est à New York pour demander à Barack Obama de le soutenir « dans la lutte contre le terrorisme » et que le chef de l’Etat Abdullah Gül se trouve en visite en Allemagne.

La coïncidence est troublante sachant que la Turquie menace de lancer une incursion militaire au sol dans le nord de l’Irak contre les bases du PKK et qu’elle a besoin pour cela d’un soutien américain et d’une approbation, au moins tacite, des pays européens.

La répression tout azimut et la situation de blocage voulu par le pouvoir affaiblissent la position de ceux qui recherchent une issue négociée et favorisent l’éclosion de groupuscules de plus en plus nombreux, de plus en plus radicaux, de plus en plus incontrôlables mais facilement manipulables, y compris par les « forces spéciales » adeptes de « coups tordus » qui n’en sont pas à leurs coups d’essais.

André Métayer


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