Osman Baydemir : enseignement dans la langue maternelle et gouvernance régionale sont les clefs de la stabilité sociale

samedi 3 mars 2012

La sous-commission de conciliation sur la constitution a recueilli les propositions de l’Union des Mairies de l’Anatolie du Sud-est (GABB), représentée par son président Osman Baydemir, maire métropolitain de Diyarbakir.

Soulignant qu’il était nécessaire de répondre aux revendications du peuple kurde concernant l’identité et la langue, Osman Baydemir a indiqué, lors d’une conférence de presse à Ankara, que le problème kurde pouvait être résolu par l’octroi du droit à l’enseignement dans la langue maternelle et la mise en place d’un système de gouvernance régionale :

Les lois constitutionnelles qui régissent aujourd’hui la Turquie ne répondent pas à la diversité sociale, culturelle, religieuse, linguistique et identitaire du pays. Ces lois qui ont été établies dans l’intention de créer une société uniforme sont la cause des combats fratricides. La nouvelle constitution doit permettre d’écrire une nouvelle page d’histoire pour les Turcs, les Kurdes et les autres identités ethniques. J’espère que nos propositions qui vont dans le sens de l’ouverture à la diversité seront prises en considération.

Vivre librement sa langue, son identité, sa culture

Osman Baydemir a précisé ce qu’il fallait entendre par gouvernance locale. La perspective fondamentale de la gouvernance locale réside, selon le président du GABB, dans la création de mécanismes de décision au niveau local. Cette décentralisation ne va certainement pas éliminer le centre. Ainsi, la langue turque continuera à être la langue officielle des citoyens de la Turquie. Et la Grande Assemblée Nationale de Turquie continuera, bien sûr, à être la plateforme et la représentation de la volonté commune des peuples de Turquie. Les organes administratifs centraux qui existent aujourd’hui à Ankara ne seront pas non plus remis en cause. Mais cette gouvernance régionale est indispensable si la Turquie veut s’adapter au monde contemporain ; elle concerne toutes les régions et pas seulement les régions kurdes.

Considérant la « question kurde », c’est-à-dire, pour un Kurde, avoir le droit de vivre librement sa langue, son identité, sa culture, Osman Baydemir a indiqué que l’origine du conflit réside dans la non-satisfaction des revendications relatives à la langue et à la participation à l’administration publique.

Le droit à l’enseignement dans la langue maternelle ne devait pas faire l’objet de marchandages. Moi, enfant du peuple kurde, je pense que mes frères turcs devraient soutenir davantage le droit de leurs frères kurdes à un enseignement dans la langue maternelle. Je pense que c’est nécessaire pour vivre dans la fraternité, l’unité et la paix. Si nous voulons que les Kurdes et les Turcs arrêtent de s’entretuer, il faut répondre à ces deux revendications du peuple kurde : la langue et l’identité. La question de la langue peut être résolue par l’octroi du droit à l’enseignement dans la langue maternelle, et celle de l’identité par le passage à un système de gouvernance régionale.

André Métayer


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