Le Congrès National du Kurdistan offre une tribune aux Kurdes de Syrie

mardi 9 octobre 2012

Le Congrès National du Kurdistan (KNK) organise une conférence sur la situation du Kurdistan occidental (Syrie) samedi prochain 13 octobre à Paris, à l’Assemblée Nationale (salle Victor Hugo).

le KNK, appelé aussi « Parlement kurde en exil », dont le siège est à Bruxelles, est une fédération d’organisations kurdes dont l’objectif est « de renforcer l’unité et la coopération des Kurdes dans toutes les parties du Kurdistan et de soutenir leur combat à la lumière des intérêts supérieurs de la nation kurde » (article 7 de la charte constitutive du KNK). Il est dirigé par conseil exécutif de 14 membres élus par une assemblée de 150 membres répartis dans six commissions (affaires étrangères, langue-éducation-culture, femmes, affaires nationales, justice internationale, relations publiques). Il se veut être la représentation des aspirations des Kurdes de Turquie, d’Iran, d’Irak, de Syrie et de la diaspora.

Il se devait d’inviter les partis et les organisations kurdes syriennes à s’exprimer devant un panel d’organisations et de personnalités et d’étudier ensemble les soutiens politiques et économiques qu’il serait souhaitable de mettre en œuvre.

Ont annoncé leur participation des représentants du Conseil suprême kurde de Syrie et plusieurs de ses organisations, comme le Parti de l’Union démocratique (PYD?) et le Parti progressiste démocratique kurde de Syrie. Les communautés assyro-chaldéenne et arménienne seront aussi présentes ainsi que deux députés kurdes de Turquie du BDP (Parti pour la Paix et la Démocratie). L’opposition syrienne est également invitée et, parmi les intervenants français, est inscrit Bernard Dorin, Ambassadeur de France, qui ouvrira le colloque.

Sur le terrain, la résistance kurde s’organise

Les Kurdes continuent sur le terrain à se tenir à l’écart de la lutte sans merci opposant les forces gouvernementales syriennes à l’armée syrienne libre (ASL) qui, depuis le 29 novembre 2011, s’est placée sous l’autorité du Conseil national syrien (CNS) dont le siège se trouve en Turquie. Entre le régime de Bachar al-Assad qui les a durement réprimés durant des années, sans susciter la moindre réaction de la part de quiconque, et le CNS qui ne veut pas reconnaître l’identité kurde, ils construisent leur avenir en renforçant leur défense à partir des villes qu’ils contrôlent depuis le 19 juillet : tout d’abord Afrin, Kobani (Ayn Al-Arab), Derka Hamko (Al-Malikiyah), puis Amûde et Dirbassiye.

Le régime syrien n’a pratiquement aucune autorité dans la région kurde. Toutes les frontières qui entourent le Kurdistan syrien sont sous la protection des YPG? (unités de défense populaire du PYD). Il ne reste que la ville de Qamishli, mais déjà une brigade a été créée dans cette ville où les forces d’Assad ne sortent plus de leurs casernes. Les kurdes attendent toujours le bon moment pour prendre le contrôle de cette ville.

Tout ceci n’est pas le fruit du hasard : d’après cette source kurde, c’est depuis quatre ans que le PYD, le principal parti kurde, préparerait un projet dit « d’autonomie démocratique » visant à faire reconnaître constitutionnellement les droits du peuple kurde.

L’imbroglio syrien

Le régime de Bachar al-Assad est-il fini ? Ce n’est pas l’avis de l’ambassadeur de France en Syrie, Eric Chevalier, qui, avant d’être rappelé à Paris le 16 novembre 2011, avait prévenu : Assad est puissant, Assad n’est pas faible sur le plan populaire. Il avait aussi conseillé de se méfier des médias du Golfe, mais Bernard Kouchner, puis son successeur, Alain Juppé, avaient préféré écouter les conseillers parisiens du Quai d’Orsay. Dans une interview publiée dans le Figaro du 29/03/2012, HdN, diplomate français, met à son tour les pieds dans le plat. On peut lire notamment concernant le CNS :

la diplomatie française a sous estimé le régime syrien parce qu’on a bien voulu le sous estimer. [...] Le Conseil national syrien (CNS) est en perte de vitesse sur le terrain. Nous avons soutenu un cheval perdant. Ce n’est pas faute pourtant d’avoir lancé des mises en garde. La perception des Syriens de l’intérieur est très négative vis-à-vis du CNS. Ils sont nombreux à estimer que ses dirigeants ne les représentent plus, qu’ils ne font que se montrer devant les caméras des télévisions dans des hôtels cinq étoiles, [...] le CNS reste dans une opposition systématique.

Et la majorité silencieuse ?

On la sous-estime. La contestation n’a pas encore entraîné la révolte de toute la population.

La conclusion d’HdN est fataliste :

on est encore en faveur de la chute du régime. On n’a pas compris que ce n’était plus d’actualité. D’un autre côté, que pouvons-nous faire d’autre ? Nous avons adopté une position tellement radicale dès le début que nous ne pouvons plus en changer. Nous nous sommes condamnés à camper sur la ligne jusqu’au-boutiste du CNS.

Force est de constater que les lignes n’ont pas, depuis, tellement bougé. Même au Quai d’Orsay.

Les incidents frontaliers inquiètent

Les incidents frontaliers entre Turcs et Syriens sont inquiétants. les provocations ne sont pas sans arrière-pensées. Les Kurdes estiment que le danger vient surtout du gouvernement turc qui s’opposera par tous les moyens à leurs revendications identitaires, ici, au nord de la Syrie, comme en Turquie même où les arrestations continuent : en une semaine, entre le 25 septembre et le 3 octobre, 150 personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles des dirigeants locaux du BDP, des syndicalistes, des défenseurs des Droits de l’Homme. Les bombardements ont également repris sur les monts Qandil après que le Parlement turc ait de nouveau autorisé son armée à violer la frontière irakienne pour attaquer les bases arrière de la rébellion kurde. Le gouvernement irakien, par ailleurs, va dénoncer un accord datant de 1995 qui a autorisé la Turquie à installer des bases militaires à Dohuk. 1 300 militaires turcs seraient stationnés en Irak.

Les chrétiens de Syrie ont peur

Des bandes armées non identifiées et incontrôlées, agissant indépendamment et sans référence à l’ASL - il en existerait plus de 2 000 - ont enlevé le 25 septembre dernier des chrétiens à Rableh, à l’ouest de la Syrie, près de la frontière libanaise. Ce sont 280 personnes prises en otage, comme le signale l’agence vaticane Fides :

la rafle des chrétiens intéressant la zone du village de Rableh se poursuit. Après la maxi prise d’otages du 24 septembre, qui a concerné 150 personnes, aujourd’hui, 25 septembre, 130 autres civils qui ont été arrêtés et enlevés. On ignore le sort qui leur est réservé.

Mais la découverte des cadavres de trois chrétiens enlevés précédemment dans le village de Saïd Naya a accru la peur. Selon la voix officieuse du Saint Siège, à Rome, il ne s’agirait pas d’une persécution, mais d’une manœuvre visant à répandre la suspicion et à instiguer à la guerre confessionnelle.

André Métayer


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