L’arme ultime des détenus politiques kurdes : la grève de la faim

lundi 15 octobre 2012

Tout le Kurdistan, éclaté sur quatre pays, suite à des tractations de partage où la responsabilité de la France fut engagée, est en révolte et entend faire valoir ses revendication qui tiennent en une seule phrase : reconnaissance de l’identité kurde, dans le cadre d’une autonomie démocratique. La partie la plus avancée est celle du Kurdistan sud, la région autonome du Kurdistan irakien où le processus est en marche, mais on peut dire que la lutte est intense, qu’elle soit politique et/ou armée, tant au Kurdistan oriental (Iran), occidental (Syrie) qu’au Kurdistan nord (Turquie). Dans le contexte moyen-oriental où la guerre qui se déroule en Syrie risque de se transformer en confrontation entre puissances régionales –avec de possibles conséquences internationales-, les Kurdes jouent la carte de l’unité et de la solidarité pour s’imposer dans chaque pays concerné.

Les feux de l’actualité mettent l’accent sur la région kurde de Syrie qui a réussi à s’organiser en protégeant la population des affres de la guerre entre forces gouvernementales et rebelles de l’A.S.L. et en tenant tête à une Turquie menaçante. Les feux de l’actualité parlent moins de la région kurde de Turquie qui elle aussi, s’est organisée politiquement et tient tête à l’Etat turc, avec l’aide de la branche armée du PKK, malgré les représailles et les arrestations massives.

Toute la population est mobilisée et les personnes emprisonnées, les unes condamnées à de longues peines, d’autres détenues abusivement sans jugement, certaines depuis plus de trois ans, entendent se mêler à la lutte : leur seule arme est la grève de la faim, sous toutes ses formes, y compris la grève de la faim jusqu’à la mort.

Nous sommes prêts à payer le prix fort

D’après Deniz Kaya, porte-parole des prisonniers politiques du PKK, plus de 400 prisonniers et prisonnières politiques kurdes étaient, au 14 octobre, en grève de la faim illimitée. Ils ont été rejoints aujourd’hui par un mouvement qui toucherait des milliers de détenus politiques, membres du PKK ou accusés de liens avec le PKK parmi lesquels on trouve députés, élus locaux, cadres politiques et associatifs, journalistes, intellectuels, étudiants, avocats, syndicalistes, défenseurs des droits humains et des enfants. Le chiffre de 8000 est avancé. Il s’agirait donc d’un mouvement sans précédent.

« Si les autorités entendent faire reculer les prisonniers, en les jetant dans des cellules, en recourant à la torture et aux menaces, cela veut dire qu’elles nous connaissent pas encore [...] Nous sommes prêts à payer le prix fort, à affronter la torture, la répression et l’isolement. [...] Si un de nos camarades tombe en martyre suite à ces traitements, on entrera dans une période où personne ne sera en sécurité, notamment les décideurs et les tortionnaires. »

Les familles des prisonniers ont également annoncé qu’elles entameront une grève de la faim illimitée à partir du 16 octobre pour soutenir les mêmes revendications. Préoccupée par la dégradation de la santé des prisonniers, la Fédération des associations d’assistance juridique pour les familles de prisonniers politiques (Tuhad-Fed) a affirmé que le gouvernement AKP, parti islamo-conservateurs du premier ministre Recep Erdogan, sera tenu pour responsable de toutes les conséquences négatives.

« Les revendications des prisonniers politiques sont les nôtres » a déclaré le 14 octobre dernier à Ankara, lors du congrès du parti pro-kurde BDP, son co-président, Selahattin Demirtas, député de Hakkari. Entre février et mars 2012, plus de 400 prisonniers politiques et des milliers de Kurdes à travers le monde (exemple : Strasbourg http://akbdrk.free.fr/spip.php?article479) avaient déjà observé une grève de la faim contre la répression et pour la libération d’Öcalan.

Campagne internationale pour Öcalan : 3 000 signatures à Rennes

La campagne de signature au niveau international lancée par l’initiative internationale « Liberté pour Öcalan et pour tous les prisonniers politiques » continue. Parmi les premiers signataires figurent notamment Abdelhak Kachouri, vice-président de la Région Ile de France en charge de la Citoyenneté, Ela Gandhi, petite-fille de Mohandas Karamchand Gandhi, le père de la nation indienne, Gerry Adams, président du Sinn Féin, Leyla Zana, députée kurde et prix Sakharov, Emmanuel Maurice Wallerstein, sociologue américain, Noam Chomsky, linguiste et philosophe américain. 36 000 signatures ont été recueillies lors de la fête de l’Huma.
A Rennes, place de la mairie, mais aussi place du Colombier et place Sainte Anne, des militants kurdes sont allés samedi dernier, à la rencontre des Rennais : plus de 3000 ont signé la pétition.

André Métayer


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