Otages du gouvernement turc

vendredi 28 décembre 2012
par  Amitiés kurdes de Bretagne

Elles sont kurdes et nous les appellerons par leurs noms d’emprunt. Elles sont étudiantes, 20 ans à peine et détenues dans l’une des quatre prisons fermées pour femmes de Turquie, celle de Diyarbakir.

Laetitia, 20 ans étudiante en 3e année de philo, a été arrêtée et écrouée depuis plus d’un an pour avoir participé à une manifestation en commémoration de la mort d’un étudiant, Aytin Erdem, tué à Diyarbakir par la police le 6 décembre 2009.

Dans le même dossier, il y a aussi son amie Anne-Sophie, étudiante en 4e année de physique. La seule preuve à charge est... une fleur (en forme de tulipe inversée) qui pousse dans les régions de Van et d’Hakkari, car il est dit en substance "qu’en général ce sont les membres de l’organisation qui se font photographier avec cette fleur." « L’organisation » désigne, dans le langage policier et judiciaire, le PKK considéré comme une organisation terroriste. Cette fleur, aux yeux de l’appareil politico-judiciaire, devient pour le procureur une preuve suffisante pour accuser Anne-Sophie d’être membre de l’organisation. De même de nombreux livres et poèmes trouvés lors de la perquisition de son domicile ont été présentés comme des ouvrages interdits et illégaux.

Tiphaine, une autre étudiante en philo, a été accusée de se rendre dans une "maison de l’organisation" alors qu’elle rendait visite à sa tante.

Magali, lycéenne, a été interpellée alors qu’elle déjeunait dans un café. Les policiers l’ont arrêtée après avoir "inspecté" son pain. Mise en cause pour avoir participé à une manifestation, elle est écrouée depuis plus d’un an et risque 10 ans de prison.

Des menottes à celle qui pense, une muselière à celle qui parle

De toute évidence, poursuit notre correspondante, elle-même incarcérée depuis avril 2009, une participation à une manifestation ou une conférence de presse coûte plusieurs années de détention, voire à des condamnations encore plus lourdes. Les transformations cosmétiques de la loi ne sont d’ailleurs jamais appliquées. Les paquets législatifs tous plus abstraits les uns que les autres présentés à la population sont des leurres. Il n’y a ni évolution démocratique, ni transformation, ni amélioration législative. Les juridictions à compétence spéciales ont vu leur appellation changer, mais la mentalité est restée la même. L’idée d’une « justice libre » est, aujourd’hui, aux mains du gouvernant actuel qui, on le voit parfaitement dans les procès politiques, menotte celui qui pense et musèle celui qui parle. Telle est sa politique. Que peut-on bien attendre de celui qui se balade avec une corde à la main pour vous pendre ? Par quelles idées de liberté et de démocratie peut-il être habité ?

André Métayer


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