Le Gouvernement turc règle ses comptes avec « l’esprit de Gezi »

mercredi 2 octobre 2013
par  Amitiés kurdes de Bretagne

Le parc Gezi d’Istanbul a été, en juin dernier, l’épicentre d’un vaste mouvement de contestation anti-gouvernementale qui a surpris le monde tant par la diversité de ses revendications que par son ampleur. La répression violente qui a suivi – 6 morts et 8 500 blessés - a suscité la désapprobation internationale et a sans doute privé la Turquie d’être le pays organisateur des Jeux olympiques en 2020. Cette prise de conscience est d’ailleurs assez étonnante de la part de l’opinion internationale qui semble, dans le même temps, ignorer les violences que ce même pouvoir fait subir au peuple kurde depuis des décennies. Il en est de même pour certains manifestants turcs avouant mieux comprendre, à leurs dépens, la situation des Kurdes dans leur propre pays. Les manifestations ont cessé mais la répression continue : depuis début juillet, de nombreux manifestants ont été arrêtés ou poursuivis. La répression s’abat contre tous ceux qui ont participé ou manifesté leur soutien aux événements de Gezi. Des dizaines de journalistes, des éditorialistes de renom ont été limogés. Des procès sont en cours. Une enquête est ouverte contre un couple d’écrivains, Erol Özkoray et son épouse Nurten, coupables d’avoir écrit et publié un essai critique sur les manifestations anti gouvernementales qui ont secoué la Turquie toute entière.

"Le Phénomène Gezi"

Un procureur d’Istanbul a convoqué le 27 septembre les époux Özkoray et les a mis en examen pour "insultes à des fonctionnaires de l’Etat" suite à la publication, le 1er août 2013, de "Gezi Fenomeni" (Le Phénomène Gezi), un essai de 280 pages sur les manifestations du Parc Gezi. Le livre, construit autour d’un cycle de conférences en maîtrise de sociologie donné par Erol Özkoray à l’Université du Bosphore, a été édité en langue turque par leur maison d’édition Idea Politika.

Nurten Özkoray, sociologue, conseillère en communication, explique les mouvements de Gezi par le déficit de démocratie et d’institutions et Erol Özkoray dit comment l’autoritarisme islamique s’est installé en Turquie et les raisons pour lesquelles il s’oppose au mouvement des jeunes et du peuple.

Erol Özkoray, né à Istanbul le 7 mai 1953, docteur en sciences politiques, ancien journaliste de l’AFP et d’El Païs, est l’un des signataires de la pétition intitulée « Sevan Nichanian n’est pas seule » lancée par des intellectuels de Turquie. Il est aussi l’auteur de "Turquie : le putsch permanent" paru en septembre 2010 aux éditions Sigest. Erol Özkoray, premier journaliste-écrivain à défier l’armée turque en tant qu’intellectuel, est engagé à la façon d’Albert Camus.

Fascisme Vert

La riposte turque est celle d’un gouvernement aux ramifications islamistes, dit Erol Özkoray :

je m’attendais à cette agression du gouvernement islamique. Comme vous le constatez, le Fascisme Vert (islamique), au 21e siècle, ne connaît aucune limite à ses attaques contre la liberté d’expression et d’opinion. En tant qu’intellectuel, écrivain et éditeur, je n’accepte qu’aucune limite ne soit mise à la liberté d’expression. Mes écrits se fondent sur la constitution qui garantit la liberté d’expression et, lorsqu’il s’agit d’exprimer mes opinions je ne connais dans ce domaine que le droit international. Si nous ne nous opposons pas, le pays sera la proie du totalitarisme islamique.

André Métayer


Photo : 24 avril 2013 à la Mairie de Paris - le Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France (CCAF) remet la Médaille du courage à Erol Özkoray.


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