Mme Ayla AKAT ATA, députée kurde, a fait un « tabac » à Rennes

mercredi 30 janvier 2008
par  Amitiés kurdes de Bretagne

Le Parti pour une Société démocratique (D.T.P.) est le seul parti d’opposition de gauche au Parlement de Turquie

a déclaré à Rennes Ayla AKAT ATA, militante kurde, avocate de Diyarbakir, députée D.T.P. de Batman, membre de la Commission des Droits du Parlement de Turquie, au cours de la conférence qu’elle a donnée le 25 janvier devant un public nombreux et chaleureux où se trouvaient, bien entendu, un grand nombre de Kurdes rennais. Invitée par les Amitiés kurdes de Bretagne et le Centre culturel de Mésopotamie, avec le soutien du MRAP (Ille et Vilaine), de la Maison internationale de Rennes, du Mouvement de la Paix, d’Amnesty-International de Rennes, de la CIMADE, de la Ligue des Droits de l’Homme et de l’ACAT Rennes, elle fut reçue également par trois députés, dont une députée européenne, le Président du Conseil général d’Ille et Vilaine, le Maire de Rennes et Président de Rennes Métropole, des Vice-Présidents du Conseil régional de Bretagne, du Conseil général (35), de Rennes Métropole et des adjointes au maire de Rennes.

Madame Ayla AKAT ATA, la plus jeune, mais non la moins déterminée, des députés de la « Grande » Assemblée de Turquie ne veut pas entendre parler du « problème kurde » :

il n’y a pas de problème kurde mais les Kurdes ont des problèmes et il faut, pour les résoudre, changer la constitution de 1982 qui, ne l’oublions pas, a été imposée après le coup d’état militaire de 1980.

Le D.P.T., qui a réussi un joli coup politique en faisant élire, en juillet dernier, malgré des conditions extrêmement difficiles, suffisamment de députés « indépendants » pour former un groupe parlementaire, veut, avec les démocrates turcs, obtenir la liberté d’expression pour tous et une réforme constitutionnelle qui garantisse les droits culturels et politiques de tous les peuples de Turquie - et, bien évidemment, ceux du peuple kurde, le plus important en nombre - et ceux des minorités (les seules minorités reconnues en Turquie étant les minorités religieuses comme, par exemple, la minorité chrétienne assyro-chaldéenne).

Le D.T.P. milite pour une « autonomie démocratique » des régions et propose la formation de 25 régions dotées de réels pouvoirs et moyens décentralisés.

C’est donc, pour le D.T.P., par cette voie démocratique et pacifique que sera résolue la question kurde.

Ces mesures concernant la liberté d’expression passent d’abord, pour les Kurdes, par la liberté d’enseigner et la reconnaissance de la langue kurde comme langue officielle au même titre que la langue nationale, le turc. Elles passent par une réelle liberté d’association et de représentation politique. La Turquie se doit, dans l’immédiat, de stopper les procès contre les maires kurdes et les députés et abroger les articles liberticides de son code pénal (CPT), notamment l’article 301 qui autorise les poursuites judiciaires des défenseurs des droits humains, des journalistes et d’autres membres de la société civile exprimant pacifiquement une opinion divergente, comme, par exemple, Orhan Pamuk, auteur turc de renommée internationale, ou Hrant Dink, journaliste arménien, assassiné le 19 janvier 2007.

Le D.T.P., résolument contre la guerre, condamne les bombardements turcs au Kurdistan irakien et toutes les opérations militaires contre les rebelles kurdes. Il refuse de déclarer comme une organisation terroriste le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK?) qui avait accepté de répondre positivement à son appel en s’abstenant de toute attaque contre les forces militaires turques, mais force est de constater que la trêve n’a pas été respectée par les forces militaires turques. Il demande aussi au parlement de promulguer des lois d’amnistie pour permettre à tous les prisonniers politiques et à tous les combattants de revenir dans leur famille.

Il demande au gouvernement de prendre des décisions à caractère économique et social qui permettraient aux deux millions de Kurdes en « exil intérieur » de retourner dans leur village, dont ils ont été chassés par l’armée, et d’obtenir les aides financières et psychologiques nécessaires pour reconstruire une nouvelle vie.

Le D.T.P., qui milite pour l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne, demande à cette même U.E. de faire le geste qui pourrait débloquer la situation en retirant le PKK de la liste des organisations terroristes.

Madame Ayla AKAT ATA, venue spécialement en Bretagne pour plaider la cause de la paix, est repartie réconfortée par l’accueil qui lui a été réservé et par l’attention que lui ont porté tous ses interlocuteurs. Elle retiendra sans doute l’ovation qui lui a été faite à la fin de sa conférence, mais aussi le témoignage de sympathie des militants bretons qui se pressaient dans les salons de l’hôtel de Ville de Rennes, à l’occasion de la signature de la Charte « Oui à la langue bretonne ». Accueillie par Edmond Hervé, Maire de Rennes, et Lena Louarn, Présidente de l’Office de la Langue bretonne, et visiblement émue par le carton d’invitation rédigé en français et en breton, elle déclara à cette assemblée très en phase avec les revendications identitaires que

pour avoir envoyé des vœux en turc et en kurde, et traduit en plusieurs langues des documents administratifs écrits en turc, langue qui n’est pas comprise d’un certaine nombre d’administrés, Abdullah Demirbas, maire d’arrondissement de Diyarbakir-centre, a été destitué de sa fonction, son conseil municipal a été dissous, et des poursuites judiciaires sont en cours [1].

André Métayer


Photo Gael Le Ny


[1Abdullah Dermirbas est détenu dans la prison de Diyarbakir et la demande d’autorisation de visite formulée par les Amitiés kurdes de Bretagne a été refusée (avril 2010).


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