Samedi 17 janvier – 15h
Rennes – 📍dalle du Colombier
Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) exprime sa profonde inquiétude face à l’aggravation dramatique de la situation des populations kurdes en Syrie et en Iran, confrontées à des violences systématiques, à la répression politique et aux déplacements forcés. il appelle à manifester partout en France. En réponse, le CDK-R (Centre démocratique kurde de Rennes) et ZIN 35 ( l’association des femmes Kurdes), appellent à manifester à Rennes, ce samedi 17 janvier, à 15h dalle du Colombier.
Poursuite de la répression systématique au Kurdistan d’Iran
‘’Au Kurdistan oriental (RojhilatKurdistan oriental (Kurdistan d’Iran). More), un soulèvement populaire d’ampleur historique se poursuit contre le régime iranien. Dans les provinces d’Ilam et de Kermanshah, des villes comme Malekshahi et Abdanan ont été prises par les manifestants. La répression menée par les Gardiens de la Révolution a déjà coûté la vie à plusieurs civils kurdes et fait de nombreux blessés.
Dans un geste d’unité inédit, l’ensemble des partis kurdes d’Iran ont engagé un travail commun afin de renforcer le mouvement national kurde. Des grèves massives ont paralysé plus de trente villes, portées par l’esprit de « Jin, Jiyan, Azadî » et par une revendication claire : la fin de la dictature, du centralisme autoritaire et de la négation des droits du peuple kurde’’.
Le CDK-F appelle les Nations unies, l’Union européenne et les États concernés à agir sans délai pour soutenir les aspirations démocratiques des Kurdes d’Iran, notamment par des sanctions ciblées contre les responsables de la répression ;
Situation dramatique à Alep
‘’Dans les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et Ashrafiyeh à Alep, plusieurs centaines de milliers de civils, dont de nombreuses familles déplacées d’Afrin, subissent un siège sévère imposé par les forces du gouvernement de transition syrien et des milices affiliées à Hayat Tahrir al-ShamTahrir al-Sham (Organisation pour la Libération du Levant) issue de la fusion des milices al-Qaeda en Syrie (Jabhat Fateh al-Sham (ex-al-Nusra), Front Ansar al-Din, Jaysh al-Sunna, Liwa al-Haqq, Nour al-Din al-Zenki). More (HTS), avec le soutien de la Turquie.
Des affrontements violents ont récemment éclaté : bombardements, tirs de snipers et assauts contre les forces de sécurité kurdes (Asayish et Forces démocratiques syriennes). Plus de 400 combattants kurdes ont été évacués et des centaines ont été faits prisonniers. Des dizaines de civils, parmi lesquels des femmes et des enfants, ont perdu la vie, tandis que des quartiers entiers ont été transformés en zones militaires, provoquant des déplacements massifs.
Le CDK-F dénonce une politique de nettoyage ethnique visant à éradiquer la présence kurde à Alep et salue la résistance des forces kurdes qui, malgré des moyens limités, continuent de protéger les civils, y compris les communautés chrétiennes et yézidies’’.
Complicité de la Turquie
Dans une dépêche du 9 janvier, l’APF qui note que les combats en cours sont ‘’ les plus violents à Alep entre les Kurdes et les autorités syriennes depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, souligne l’attitude complaisante de la Turquie :
‘’La Turquie, alliée des autorités syriennes, a salué favorablement l’opération de l’armée syrienne.
Ankara, qui possède une frontière de plus de 900 kilomètres avec la Syrie, y a mené entre 2016 et 2019 plusieurs opérations d’envergure contre les forces kurdes’’ .
La responsabilité du nouveau pouvoir islamiste qui s’était engagé à protéger les minorités était déjà engagée dans les massacres d’alaouites en mars dernier et de druzes en juillet. Nous attendons de la France , qui a rappelé son attachement ‘’ à une Syrie unie où l’ensemble des composantes de la société sont représentées et protégées“, une position plus ferme et plus déterminée.
Communiqué de l’AANES
les violations et les crimes de guerre persistent de manière systématique
‘’L’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie suit avec la plus grande inquiétude et condamne fermement les graves violations, assimilables à des crimes de guerre, perpétrées par des factions affiliées au Gouvernement intérimaire syrien de Damas. De nombreux éléments de preuve ont émergé, démontrant que certains de ces individus sont membres de l’État islamique. Ces violations sont commises contre notre population civile dans les quartiers de Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh à Alep, en violation flagrante des accords antérieurs qui garantissaient la sécurité des civils, qu’ils soient contraints de fuir ou non.
Malgré ces accords, les violations et les crimes de guerre persistent de manière systématique’’.
La responsabilité du président syrien Ahmad al-Chareh est engagée
Le groupe Communauté kurde d’Allemagne (KGD) a déposé plainte contre le président syrien Ahmad al-Chareh pour crimes de guerre, génocide et crimes contre l’humanité, Il accuse M. al-Chareh, alias Al-Jolani, de “génocide et des crimes de guerre les plus graves” dans une plainte déposée auprès du parquet fédéral allemand.
“Al-Jolani porte une responsabilité conjointe dans le génocide des Kurdes yézidis en 2014 et dans les actes de violence systématiques et continus contre les minorités en Syrie et en Irak”, a déclaré Mehmet Tanriverdi, vice-président de la KGD, dans un communiqué :
‘’Le président syrien, longtemps connu sous son nom de guerre Abu Mohammed al-Jolani a pris la tête de la Syrie à titre provisoire après que ses forces rebelles ont chassé du pays le dirigeant de longue date Bachar al-Assad à la fin de l’année dernière. M. al-Chareh était autrefois étroitement lié à Al-Qaïda, ‘’
Même si le président syrien Ahmad al-Chareh cherche à rompre avec son passé djihadiste et à présenter une image plus modérée depuis qu’il a pris le pouvoir, sa responsabilité est néanmoins engagée.
André Métayer
