La Maison du Kurdistan de France suscite beaucoup d’espoir

La Maison du Kurdistan de France (MKF) a célébré son lancement le 12 octobre 2026 dans la prestigieuse Salle des fêtes de l’Hôtel de Ville de Paris. Une soirée de rencontre, de culture et d’engagement, portée par un rassemblement d’ acteurs associatifs, d’élus, d’artistes, d’universitaires et d’amis de la culture kurde. L’objectif affiché : créer un espace ouvert de transmission, de solidarité et de dialogue entre la France et les cultures du Kurdistan. La musique kurde a résonné à l’Hôtel de Ville de Paris, avec Koma Rayê interprétant une sélection de chansons kurdes.

Trois discours clefs

C’est Emmanuel Grégoire, maire de Paris qui a ouvert la séance, montrant ainsi la place des activités de la communauté kurde à Paris et en France portées par le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) et de la Maison du Kurdistan en France (MKF).

Baran Gürbüz, président de MKF, a souligné que la Maison du Kurdistan en France ne se limitera pas à être un lieu pour des événements ou des rassemblements, mais fonctionnera comme une institution permanente dédiée à répondre aux besoins de la communauté kurde en France. ‘’La Maison du Kurdistan en France mènera ses activités à travers quatre départements principaux : Culture, Sports et Jeunesse, Affaires Sociales et Juridiques, Recherche et Académie’’.

François Hollande, ancien président de la République, a conclu les prises de paroles en soulignant le rôle historique joué par les forces kurdes contre l’Etat islamique (E.I.): ‘’ la solidarité de la France avec les Kurdes ne devrait pas dépendre des changements de circonstances régionales ou des accords politiques’’. Il a également rappelé que pendant sa présidence, il avait reçu des représentantes et des commandantes kurdes impliquées dans la lutte contre l’EI. Il a terminé en accordant une attention particulière au rôle de la communauté kurde (‘’420 000 vivent en France’’) dans la vie sociale et économique de la France.

Justice pour la communauté kurde en France

Le 9 janvier 2013, Sakine Cansız, Fidan Doğan, et Leyla Şaylemez, étaient assassinées à Paris, au 147 rue La Fayette, dans les locaux du Centre d’information du Kurdistan (CIK). Le 23 décembre 2022, Evîn Goyî (Emine Kara), Mîr Perwer (Mehmet Şirin Aydın), Abdurrahman Kızıl, étaient également tués à Paris, victimes d’une attaque armée, rue d’Enghien devant le siège du CDK-F. La communauté kurde (mais pas seulement) demande ‘’vérité et justice’’.

La ville de Paris a rendu hommage à Sakine, Leyla, Rojbîn en apposant une plaque, le 9 janvier 2018, au pied du 147 rue La Fayette à la mémoire de’’ MILITANTES DES DROITS DU PEUPLE KURDE’’.

Le conseil municipal de Rennes a voté, lors de sa séance du 13 mars 2023, la proposition de dénommer un nouveau square de la ville de Rennes « Square Fidan ‘Rojbîn’ Doğan ». L’association Amitiés kurdes de Bretagne a publié en 2018 un livre intitulé “Rojbîna me”.

Encourager les projets de coopération

Dans le contexte politique de la Turquie d’aujourd’hui, les villes kurdes apparaissent comme les bastions démocratiques avec lesquelles on peut développer des projets concrets.

La ville de Rennes vient de signer la charte de jumelage avec la Ville de Diyarbakir. Il serait utile de recenser les villes françaises qui sont déjà jumelées avec des villes kurdes ou qui ont déjà réalisé des projets de coopération urbanistiques, culturels, sportifs… etc.. et d’échanger sur le rôle et la place, dans ces relations inter villes, de nos associations luttant auprès des Kurdes dans leur combat pour leurs droits culturels et politiques.

Les 420 000 kurdes vivant en France peuvent défendre concrètement la démocratie dans leur pays d’origine. Et certains le font déjà. C’est à encourager et à développer.

Gageons que les projets de la MKF, sous la houlette de son directeur général, notre ami Agit Polat,  vont favoriser cette coopération entre villes, entre associations kurdes ‘’d’ici’’ et de ‘’là-bas’’.

André Métayer