La délégation du DEM Parti n’a pas pu rencontrer Öcalan depuis 40 jours

Ayşegül Doğan, députée de Şırnak, porte-parole du parti pro-kurde, le DEM Parti (Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie) a déclaré que sa délégation n’a pas pu rencontrer Öcalan, dans l’ile-prison d’İmralı, depuis 40 jours.
Le parti appelle à des réunions régulières et critique le manque de transparence concernant les réglementations légales annoncées pour le processus.

Vive critique et incompréhension

Lors d’une conférence de presse à Ankara, Ayşegül Doğan a vivement critiqué l’absence persistante de réunions avec Abdullah Öcalan. Elle a déclaré que la délégation d’İmralı n’a pas pu rendre visite au dirigeant kurde depuis 40 jours, ni ses avocats ni les membres de sa famille, non plus.

‘’Compte tenu des discussions en cours autour du processus de paix et d’une société démocratique, cette situation n’est pas acceptable. L’isolement continu de M. Öcalan est incompatible avec son rôle dans le processus en cours. Des millions de personnes le voient comme l’interlocuteur central d’une solution démocratique à la question kurde. Pour cette raison même, il doit avoir l’opportunité d’interagir avec différents segments de la société’’.

Ayşegül Doğan a rappelé qu’Abdullah Öcalan avait lancé le processus politique le 27 février 2025. Suite à cet appel, le PKK a d’abord déclaré un cessez-le-feu, a ensuite décidé de se dissoudre, et a finalement détruit ses armes lors d’une cérémonie publique. Ceci rendant d’autant plus incompréhensible les obstacles pour des réunions avec Abdullah Öcalan.

La loi-cadre reste floue

Ayşegül Doğan a également commenté les règlements juridiques prévus liés au processus de paix. Elle a salué les déclarations du président Recep Tayyip Erdoğan indiquant qu’il y avait désormais un accord pour introduire une loi-cadre correspondante avant la pause parlementaire estivale.
Elle a cependant noté que le contenu n’était pas réellement connu et restait incertain : ‘’ Nous ne savons toujours pas ce que cette loi contiendra. Malgré nos recherches, aucun projet ne nous a été présenté à ce jour’’.

Le porte-parole du Parti DEM a souligné qu’un tel cadre juridique ne devrait pas se limiter aux questions liées à la sécurité. Au contraire, a-t-elle ajouté, elle devra fournir des garanties juridiques, renforcer la politique démocratique et créer les conditions d’une résolution durable à ce conflit qui dure depuis des décennies.

Réponse aux critiques spéculatives sur la position d’Öcalan

Ayşegül Doğan a également fermement rejeté les rapports affirmant qu’Abdullah Öcalan avait déjà approuvé un projet de loi : ‘’Comment le public peut-il vérifier si Abdallah Öcalan a approuvé un projet de loi si notre délégation n’a pas pu le rencontrer depuis 40 jours ?’’.
Elle a ajouté que le parti lui-même ne disposait d’aucune information sur un projet de loi spécifique, et que les spéculations qui circulent actuellement ne font qu’accroître le flou et mettent en danger le processus engagé.

Mise en garde

Ayşegül Doğan conclut par une mise en garde :l’absence de contact met en péril le processus. ‘’Un dialogue durable nécessite des réunions régulières et des mesures politiques transparentes’’.
Elle réitère la demande de DEM Parti pour des réunions régulières entre la délégation et Abdullah Öcalan, ainsi que pour une poursuite transparente et légalement garantie du processus de paix.

André Métayer
D’après une dépêche de l’ANF, vendredi 3 juillet 2026
Photo : ANF