Soutien aux Kurdes... là-bas

Non aux barrages dans la vallée du Munzur

Au cœur du Dersim, qui reste un haut lieu de la résistance kurde, se situe la chaîne des montagnes du Munzur qui culmine à 3462 mètres. La rivière qui traverse la région porte le même nom. La biodiversité est si exceptionnelle que la Vallée du Munzur a été déclarée “premier parc national de Turquie”.
Mais le Dersim est menacé d’une catastrophe par un projet turc qui entend y construire huit barrages et des centrales hydroélectriques.
Les Kurdes de Rennes, entre autres ceux natifs de Tunceli, Ovacik, Mazgirt.. réagissent et appellent la population à manifester leur réprobation.

Située sur les hauts plateaux septentrionaux du Kurdistan de Turquie, à 300 km au nord-ouest de Diyarbakir, la région de Dersim est riche de particularismes culturels, linguistiques et religieux ; la région très montagneuse est habitée principalement par les Kurdes de religion alévi, mais on y trouve aussi des Kurdes sunnites, un petit nombre d’Arméniens, survivants du génocide de 1915 et une petite minorité turque.

Dersim a résisté pendant des siècles aux invasions étrangères et a toujours réussi à garder son identité, malgré les terribles répressions dont les populations ont été victimes : celles de 1937 fit 80.000 morts ; depuis, le nom kurde “DERSIM” est interdit et remplacé par le nom turc “TUNCELI” (main de fer! c’est tout dire).

Au cœur de cette région qui reste un haut lieu de la résistance kurde, se situe la chaîne des montagnes du Munzur qui culmine à 3462 mètres. La rivière qui traverse la région porte le même nom. La biodiversité est si exceptionnelle que la Vallée du Munzur a été déclarée “premier parc national de Turquie”.

Mais le Dersim est menacé d’une catastrophe par un projet turc qui entend y construire huit barrages et des centrales hydroélectriques dont la production totale espérée ne dépasserait pas 1% de la production totale d’électricité de la Turquie ! C’est un résultat économique dérisoire au vu des conséquences culturelles, écologiques et humaines: 84 villages seront noyés, la région perdra son unité géographique, des changements climatiques radicaux se produiront entrainant la disparition d’une faune et d’une flore aux espèces rares, des milliers d’hommes et de femmes seront déracinés et expulsés.

Les conséquences géostratégiques sont évidentes : nous avons toujours dit que la bataille pour l’eau serait plus âpre et plus dangereuse pour la paix au Moyen Orient que celle pour s’approprier les gisements pétrolifères : avec la maitrise de l’eau provenant des fleuves Tigre et Euphrate (et de leurs affluents comme le Munzur), la Turquie devient un danger pour ses voisins syrien et irakien.

Les Kurdes de Rennes, entre autres ceux natifs de Tunceli, Ovacik, Mazgirt …. se sont réunis, samedi 26 septembre, place de la mairie pour relayer auprès des passants l’appel lancé par la population de la région du Dersim (Tunceli), des intellectuels et des démocrates de tous pays. On pouvait lire sur les pancartes : “Non aux barrages sur Munzur”, ” NE TOUCHE PAS A MUNZUR” , “laisse Munzur couler tranquille”, “STOP au massacre de la nature et de l’Histoire”, “Le barrage est le lac de la honte” “la véritable lumière est notre culture”.

André Métayer