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Archives du blog AKB – 2005

Les Kurdes veulent la paix, les Bretons peuvent les aider

L’atelier de kilims Rengin

La délégation kurde de l’atelier de tissage de Hakkari (“Rengin”), en France, et notamment en Bretagne, depuis le 2 décembre, est rentrée au pays, comme prévu, le 22 décembre.

Le partenariat à long terme Bretagne/Hakkari envisagé depuis un certain temps a pris corps par cette tournée en Bretagne d’animations culturelles itinérantes présentant la région de Hakkari, ses traditions et ses productions artisanales.

A pied d’oeuvre à Rennes pour l’ouverture des marchés du monde, l’opération s’est superbement bien déroulée dans une ambiance très conviviale et s’est poursuivie les jours suivants, à la Maison des Métiers et de l’Artisanat d’Ille-et-Vilaine. Leur périple s’est poursuivi à Brest, au marché de la solidarité internationale et à la cinémathèque de Bretagne, sur le marché à Châteaulin, aux halles de Douarnenez, au marché de Noël de Poullan, pour se terminer à Paris, au café-restaurant-librairie-galerie d’exposition “la Passerelle” et au Centre Culturel kurde Ahmet Kaya.

Chaque lieu a fait l’objet de réceptions, de contacts, d’exposition, de démonstration de tissage et de ventes de kilims : le pari a été tenu et gagné : les tisseuses, en costume traditionnel, avec leur métier à tisser et leurs tapis dont la qualité a été reconnue, ont fait “un tabac”.

Le Maire de Hakkari

Metin Tekce, Maire de Hakkari, invité de collectivités locales et des Amitiés kurdes de Bretagne, a donné trois conférences, à Rennes, à Brest et à Douarnenez, sur le thème : “les Kurdes veulent la paix, les Européens ont un rôle à jouer”, et a été successivement reçu par Edmond Hervé, Maire de Rennes et Président de Rennes Métropole, Christian Guyonvarc’h, Vice-Président du Conseil Régional de Bretagne, Joseph Aubin, représentant le Conseil Economique et Social Régional, Yolande Boyer, Sénatrice-Maire de Châteaulin, François Cuillandre, Maire de Brest et Président de Brest Métropole Océane, le Conseil municipal de Douarnenez et Emmanuel Morucci, Président de la Maison de l’Europe de Brest qui a remis au maire de Hakkari la bannière étoilée de l’Union européenne afin qu’elle flotte au fronton de sa mairie.

A chaque occasion, Metin Tekce a présenté sa ville, avec beaucoup de conviction, et défendu, de façon convaincante, son projet de centre de santé et d’éducation en direction des femmes et des enfants. Le Conseil régional de Bretagne a fait savoir que ce projet répondait à l’un des principaux critères de sélection des projets d’aide au développement et de solidarité internationale, à savoir la promotion sociale et civique des femmes. Les collectivités locales, des fondations vont être sollicitées pour soutenir ce projet dont l’importance stratégique dans un dispositif de paix n’échappe à personne, et des contacts seront pris avec la Commission Nationale de la Coopération Décentralisée du Ministère français des Affaires étrangères.

Visite des tisseuses de Hakkari – Déroulé

Rennes
– aux Marchés du Monde (Maison Internationale de Rennes) dimanche 4 décembre 2005. La Délégation rennaise Kurdistan (DRK) y a tenu, comme chaque année, un stand pour faire connaître ses activités en faveur de la défense des droit culturels et politiques des Kurdes.
– à la Chambre des Métiers du lundi 5 au jeudi 8 décembre.

Brest, avec “Rien sans elles”, du 9 au 13 décembre.

Châteaulin, sur la place du marché, 15 décembre.

Douarnenez, Halles, salle des fêtes, du 16 au 18 décembre.

Paris 11ème

– Café–resto–librairie la Passerelle, 20 décembre

– Centre culturel Mehmet Kaya, 21 et 22 décembre.

Vedat pourra-t-il rester à Rennes, avec ses parents, jusqu’à la fin de son CAP ?

La mobilisation des Rennais a permis d’empêcher l’expulsion d’une famille kurde,……..dans l’immédiat : “Il n’est pas question de mettre à exécution l’arrêté de reconduite à la frontière concernant Verdat Yilmaz” déclare la préfecture qui reverra la question en juin prochain.

Pour les parents… la situation n’est pas tranchée. M. Christian Guyonvarc’h, Vice-Président du Conseil régional de Bretagne chargé des affaires européennes et internationales a tenu à manifester “son soutien total” : ” Les atteintes encore nombreuses aux droits de l’homme dont les autorités turques se rendent coupables, en particulier à l’encontre de la population kurde, justifient que M. Yilmaz et sa famille obtiennent le droit d’asile. En témoigne l’arrestation arbitraire de M. Sabahattin Silaci, Président de la section locale du parti pro kurde DEHAP (Parti Démocratique du Peuple) à Hakkari, quelques jours après que la Région Bretagne eut accueilli le maire de cette ville, M. Metin Tekce.”

Le président du DEHAP de Hakkari remis en liberté

Sabahattin Silaci, Président de la section locale du parti pro kurde DEHAP (Parti Démocratique du Peuple) à Hakkari a été interpellé et mis en garde à vue pour avoir accordé une interview à la chaîne de télévision kurde ROJ TV, qui émet depuis Bruxelles, sous licence danoise malgré les pressions des Etats Unis qui, à la demande de la Turquie, voudraient voir fermer ROJ TV accusée d’encourager le “terrorisme ethnique”.

Aux dernières nouvelles, Sabahattin, bien connu des Rennais qu’ils l’ont rencontré à plusieurs reprises à Hakkari et à Diyarbakir, a été remis en liberté.

Soutien des Bretons aux Kurdes

MURAT AKTAS – ANF Paris (24.12.2005)

Traduction par N. Özdemir

Les invités des Amitiés Kurdes de Bretagne en France : le maire d’Hakkari, Metin Tekce, ainsi que le groupe “les tisseuses”, sont retournés au Kurdistan après avoir bouclé un programme comprenant plusieurs activités. Ils ont, ainsi, participé, tout en faisant découvrir Hakkari, à une série de conférences nommées “Les Kurdes veulent la paix et les Européens ont un rôle à jouer”. De plus, ils ont obtenu une promesse verbale de soutien concernant le projet du centre de santé pour femmes et enfants.

Invités en France le 2 décembre par la délégation, la région de Bretagne a offert un accueil chaleureux au groupe de l’atelier Rengin Dokuma d’Hakkari ainsi qu’au maire. Suite au séjour de la délégation française à Hakkari lors de la célébration du Newroz, est né un partenariat Hakkari Bretagne dont le but est un échange réciproque entre deux régions à travers l’organisation d’activités culturelles et artistiques. Cette relation a débuté d’un point de vue pratique avec le séjour de 3 semaines du groupe “hakkarien”. Leur venue en Bretagne, avec le but de faire connaître les traditions et les produits artisanaux d’Hakkari a, posé les fondations d’une longue relation.

UNE FORTE ATTENTION AU GROUPE

Ils ont fait découvrir les costumes traditionnels et les produits artisanaux d’Hakkari au marché du monde à Rennes, à la maison des métiers et des arts d’Ile et Vilaine, puis au marché international de Brest et à la cinémathèque de Bretagne, ensuite à Châteaulin, à Douarnenez et dans plusieurs centres de commerciaux, culturels et artisanaux des alentours. Lors de la première semaine de son séjour, le maire d’Hakkari, Metin Tekce, a participé à une série de conférences tenues à Rennes, Brest et Douarnenez nommées “Nous voulons une paix culturelle et les Européens ont un rôle à jouer”.

Tekce a été reçu par le maire de Rennes Edmond Hervé, le président adjoint du Conseil Régional de Bretagne, Christian Guyonvarch’, le représentant du Conseil Régional Economique et Social, Joseph Aubin, la sénatrice maire de Châteaulin, Yolande Boyer, le maire de Brest, François Cuillandre, le Conseil de Douarnenez ainsi que par beaucoup d’autres représentants de l’administration.

LE SOUTIEN QUANT AU CENTRE DE SANTE POUR FEMMES ET ENFANTS

Tout en faisant connaître Hakkari, le maire Metin Tekce a présenté son projet du centre de santé pour femmes et enfants auquel il accorde une importance particulière. Le représentant de conseil régional de Bretagne a souligné que le projet venant d’Hakkari comporte les critères des projets jugés prioritaires aux aides et soutiens internationaux accordés aux projets concernant les femmes et les enfants. Les représentants du Conseil ont été rassurants en précisant qu’ils feront le nécessaire auprès du ministère des affaires étrangères pour que le projet aboutisse.

Le groupe “hakkarien” de l’atelier Rengin Dokuma a terminé son séjour par une visite au centre culturel kurde d’Ahmet Kaya avant de rentrer au Kurdistan. André Métayer, le président initiateur de l’amitié kurde de Bretagne et le coordinateur du partenariat Bretagne/Hakkari, nous a fait savoir que le travail du groupe – les conférences “Les Kurdes veulent la paix et les Bretons peuvent les aider”, les visites et les activités -, ont été une réussite totale : “de plus, a-t-il ajouté, le pari a été gagné, les tisseuses avec leur costumes traditionnels et leur savoir-faire artisanal ont joué un rôle important dans la vente des kilims, cela a été une grande réussite”. André Métayer nous a fait savoir également que la délégation pense aller à Hakkari l’année prochaine pour la célébration du Newroz et la poursuite son travail dans ce sens.

Mairie de Hakkari – La question de la scolarisation

Notre ville, Hakkari, a accueilli, dans les années 90, comme les autres villes de notre pays, des habitants des villages voisins, déplacés de force. Ces habitants, obligés de quitter leur village, se sont installés au centre ville de Hakkari pour partie, dans les autres districts de notre Province (Hakkari) pour une autre partie, alors qu’une troisième partie se dirigeait, pour survivre, vers les métropoles turques.

medium_haka1.2.jpgSelon les statistiques officielles, Hakkari, ville–centre qui comptait 30.407 habitants en 1990, a dépassé le chiffre de 58.145 habitants en 2000, ce qui permet de comprendre les difficultés évidentes des pouvoirs locaux face à cet afflux de personnes déplacées particulièrement démunies, privées d’un minimum vital, et survivant dans des conditions déplorables.

Les problèmes économiques, sociaux, culturels et sanitaires que génère cette situation ne sont pas encore résolus. L’une des difficultés majeures rencontrées par ces personnes déplacées est celle de la scolarité, qui nécessite une continuité. Les familles, en Turquie, doivent, pour envoyer leurs enfants à l’école, disposer d’un certain niveau de ressources et dans notre province nombreuses sont les familles qui n’arrivent pas à envoyer leurs enfants à l’école. C’est encore plus vrai chez les familles déplacées venant des villages de Hakkari.

La scolarité a besoin d’un financement durable. Ainsi un écolier ou une écolière qui entre à l’école primaire doit payer, chaque année, ses frais d’inscription, ses fournitures scolaires et son uniforme. La situation est encore plus difficile pour les familles dont les enfants sont inscrits aux cours d’enseignement supérieur qui, de plus, se déroulent en dehors de la province. A titre d’exemples :

  • Les frais d’inscription pour un élève d’école primaire s’élèvent à 68 ytl (50 euros) ;
  • Les frais d’inscription pour un étudiant à l’Université varient de 147 à 458 ytl (100 à 300 euros).
  • Un étudiant doit compter au minimum 250 ytl (170 euros) de frais mensuels.

Il est très important pour notre province de venir en aide aux familles qui, compte tenu de la situation politique, ont été déplacées et ne possèdent pas les ressources économiques suffisantes pour envoyer leurs enfants à l’école. Nous souhaitons pouvoir compter sur l’aide humanitaire de nos amis qui s’intéressent à la situation des enfants des familles déplacées dans notre province de Hakkari.

Metin TEKCE
Maire de Hakkari

Mairie de Hakkari – Le Centre de Santé et d’Education

Objectifs

Les problèmes économiques de notre région n’ont pas permis la création, dans notre ville, d’un centre de santé et d’éducation dont les objectifs sont de répondre aux besoins sanitaires et éducatifs de base des femmes de la région, dont le niveau d’éducation est très bas.

Nous prévoyons de créer un tel centre dans le but de répondre, en planifiant et en développant des programmes sanitaires, sociaux et éducatifs, aux besoins des femmes de notre ville, mais aussi à ceux des femmes qui se sont trouvées dans l’obligation de fuir leur village pour venir se réfugier à Hakkari.

Nos compatriotes exilées, embourbées dans une situation cumulant les handicaps d’une vie à la fois rurale et urbaine, se trouvent, de ce fait, aux prises avec des problèmes psychologiques graves, avec des dépressions pouvant aller jusqu’au suicide, comme l’a relaté d’ailleurs la presse en citant plusieurs cas. De plus certaines se trouvent confrontées à des problèmes de soins gynécologiques et obstétricaux.

medium_ren-6.2.jpgSi ce centre a pour but de trouver des solutions à différents problèmes, comme ceux cités ci-dessus, il veut aussi venir en aide aux femmes dans la vie courante. Ainsi nous souhaitons valoriser les savoir-faire que ces femmes exilées ont importés de leur village, touchant à des métiers manuels traditionnels, et inclure leur production dans l’économie locale. Notre projet prévoit d’employer, chaque mois, 30 femmes, sur un total de 430, qui pourront, ainsi, par leur travail, retrouver confiance en elles, se tenir debout, avoir des idées indépendantes qu’elles pourront mettre en pratique librement et enfin subvenir aux besoins de leur famille.

Les activités du Centre de Santé et d’Education

Les activités sanitaires

Le centre de santé, animé par un personnel qualifié, prévoit d’apporter des soins quotidiens à un groupe de femmes, entre 16 et 20, victimes de déportation.

Les activités éducatives

  • Education sanitaire : planning familial, consultations pré et post-natales, soins et santé de l’enfant, ménopause.
  • Cours d’Informatique : programmés sur trois mois, ils pourront accueillir 40 personnes, soit 160 formations par an.
  • Cours Préparatoire à l’Université : Il est prévu de donner des cours (mathématiques, chimie, physique et turc) à 40 élèves par an.
  • Formation aux métiers manuels : atelier “Culture, Environnement, Soutien aux Femmes” de la Ville de Hakkari. On peut présenter les résultats attendus de cet atelier de la manière suivante :
  • Faire en sorte que les femmes qui ont quitté leur village et qui sont douées manuellement (notamment kilim, tapis, sacoche, sac, chaussette en laine) puissent transformer leur savoir-faire en produits artisanaux ;
  • Créer les conditions pour l’embauche, dans ces ateliers, de 30 femmes, à temps plein, apportant leur participation financière au budget familial ;
  • Créer les conditions pour l’insertion de la femme dans un statut social et pour qu’elle apprenne à lutter dans sa vie ;
  • Apprendre les métiers manuels traditionnels à des nouvelles candidates et transmettre cette culture du kilim (tapis tissés) à la nouvelle génération ;
  • Faire fabriquer d’une façon très originale les kilims, rares et très célèbres, de la ville de Hakkari et de la région ;
  • Produire également tapis, sacoches, sacs, et chaussettes en laine “faits main” ;
  • Apprendre à coudre les vêtements traditionnels de la région et faire en sorte que cette culture soit transmise à la nouvelle génération ;
  • Editer un ouvrage (livre et support audio-visuel) sur la fabrication la teinture à base de racines de la région de Hakkari ;
  • Organiser des expositions des productions (chaussons, chaussettes, foulards) fabriquées par les femmes.

Pourquoi les femmes?

Les problèmes vécus par les femmes, dans notre pays comme dans le reste du Monde, sont parmi les problèmes les plus importants et on peut imaginer la gravité des difficultés dans lesquelles se trouvent les femmes de notre région, où les comportements féodaux existent toujours. Plus grandes encore sont les difficultés des femmes déportées des villages qui portent les traces du féodalisme. Le système éducatif handicape ces femmes, celles de la ville comme celles qui viennent des villages, ces dernières ne parlant pour la plupart pas le turc, ce qui en soi est le commencement d’un problème. La femme qui est exposée au féodalisme et qui, en outre, ne parle pas le turc, ne peut pas expliquer ses problèmes et ne veut donc pas se présenter dans un centre d’Etat (où il y a d’ailleurs très peu de services rendus).

medium_ren9.2.jpgCes problèmes de langue ajoutés aux craintes de donner des détails sur sa santé font qu’elle cache ses problèmes gynécologiques. Les problèmes de santé de la population féminine sont donc, dans notre région, plus préoccupants que ceux de la population masculine. Les femmes de notre région, particulièrement celles qui se sont trouvées dans l’obligation de fuir leur village, ne sont pas suffisamment informées sur les sujets les intéressant au premier chef (comme la grossesse, l’accouchement, les soins pré et post-nataux, la ménopause) et n’ont pas non plus, malheureusement, de connaissances pédiatriques (santé, psychologie, éducation, l’équilibre chez l’enfant…). Il y a donc un grand besoin de formation et d’information sur tous ces sujets.

La femme est l’élément le plus important de la famille et peut transmettre facilement à autrui ses connaissances. C’est pourquoi l’éducation donnée aux femmes est l’éducation de toute la société. Notre but est d’alléger leur charge sur le plan de la santé en leur apportant les premiers soins et, en cas de nécessité, en les conduisant dans un centre de santé dans des bonnes conditions.

Nous avons pour objectifs d’intervenir dans les villages et les quartiers de Hakkari durant les campagnes de santé et de donner des informations nécessaires aux femmes sur les problèmes de santé ainsi que le planning familial. Nos projets seront conduits par le personnel du Centre de Santé et d’Education qui fournira également le matériel. Il est prévu de planifier des formations spécifiques pour les femmes (la grossesse, l’accouchement et son suivi, les soins pré et post-nataux, les moyens contraceptifs, l’éducation sanitaire et les soins pédiatriques, la ménopause, la violence conjugale, les relations familiales…). Bien entendu, ces formations seront données par un personnel qualifié, ayant les connaissances requises selon les thèmes abordés.

Ce projet sera réalisé selon nos moyens, prévu pour une longue durée et destiné à un large public. Sa réalisation permettra aux femmes de trouver la force et le courage nécessaires pour régler leurs problèmes familiaux. L’élévation de leur niveau d’éducation et le développement de leurs capacités permettront aux femmes d’avoir plus facilement le droit à la parole et de trouver leur place au sein des pouvoirs locaux.

Metin TEKCE
Maire de Hakkari

Les ateliers de kilims kurdes en Bretagne avec les tisseuses de Hakkari

La Délégation Rennaise Kurdistan (DRK), qui se rend chaque année au Kurdistan à l’occasion du Newroz, fête traditionnelle kurde, s’est déplacée en 2005 dans la région de Hakkari, particulièrement déshéritée, afin d’étudier sur place les possibilités de coopération dans le cadre du projet “Rengin”.

Hakkari

La province de Hakkari est une région montagneuse située à l’extrême sud-est de la Turquie, frontalière des régions kurdes d’Iran et d’Irak, dont le chef-lieu – Hakkari – se situe dans une haute vallée, à 1 700 mètres d’altitude. La situation politique, extrêmement tendue, crée un sentiment d’angoisse dans la population et ralentit l’activité économique.

Göç-Der, association d’aide aux populations déplacées et en exil intérieur

medium_ren-5.3.jpgL’association Göç-Der a pour but de venir en aide aux personnes déplacées à la suite des opérations militaires. Elle est présente à Hakkari, où de nombreux habitants vivent dans les bidonvilles depuis 1993, chassés des 86 villages de la région qui furent incendiés par l’armée turque.

Göç-Der anime un atelier de kilims, “Rengin” qui emploie des femmes victimes collatérales ou directes de la guerre, en provenance des villages détruits. L’objectif de cette initiative, qui présente les caractéristiques d’un développement durable et équitable, constitue une exception dans cette région où la misère produit essentiellement de l’assistanat. Rengin préserve un savoir-faire menacé par les déplacements de population, et resocialise les victimes en leur permettant d’effectuer une thérapie au travers du kilim. “Il s’agit, dit Sarya, la responsable des femmes, de réaliser des tapis de laine nouée, de grande qualité, avec des produits naturels comme la laine teintée uniquement avec des plantes de la région. Si les motifs sont traditionnels, leurs agencements racontent l’histoire et les souffrances de chaque tisseuse.”

Rengin fournit une activité économique et renforce la communauté sociale locale, deux conditions sans lesquelles il ne peut y avoir aucune solution à la question kurde.

Les tisseuses de Hakkari feront la démonstration de leur art et de leur technique sur leur métier à tisser, parleront de leur pays, de la guerre, de leurs angoisses, mais aussi de leurs espoirs et de leur soif de vivre et de rire.

Le public pourra acheter des tapis ou passer des commandes.

Localisation de Hakkari

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Soutien à la famille Kayaalp

Le 11 novembre dernier, tous les Députés d’Ille-et-Vilaine ont été sollicités par le Président de la DRK leur demandant leur soutien en faveur de la famille Kayaalp, au sujet de laquelle Mme la Préfète avait fait savoir qu’elle n’envisageait pas de rapporter ses décisions invitant M. et Mme Kayaalp à quitter le territoire français ; bien au contraire : elle précisait qu’elle s’apprêtait à prendre un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière, malgré la présence d’enfants scolarisés et en dépit des déclarations ministérielles disant que les enfants scolarisés depuis plusieurs mois pourraient achever leur année scolaire.

M. Philippe Rouault, Député et Conseiller général du canton de Rennes Nord-Ouest, nous a fait savoir qu’il avait écrit à Nicolas Sarkozy le 21 novembre pour lui demander le report de la procédure de reconduite à la frontière.

M. Jean-Louis Tourenne, Président du Conseil Général d’Ille-et-Vilaine, et M. François Richou, Conseiller général du Canton Rennes-Bréquigny, sont intervenus à plusieurs reprises auprès de Mme la Préfète pour lui demander de surseoir aux mesures d’expulsion et pour solliciter un réexamen sur le fond du dossier de M. et Mme Kayaalp, demandant à bénéficier du statut de réfugié.

Exposition Karapinar

La Délégation rennaise Kurdistan dispose d’une exposition consacrée aux événements survenus à Karapinar en 1994 et aux populations originaires de ce village qui se sont réfugiées à Rennes.

Pour la régularisation de toutes les personnes sans papiers

Pour le droit de toutes et tous à la libre circulation, à vivre en famille, à un logement, à la santé, à pouvoir travailler.

Manifestation samedi 26 novembre à 15h, place de la Mairie, Rennes

Parce que nous n’admettons pas qu’un ministre de l’intérieur tienne des propos xénophobes, fixe aux préfets des objectifs chiffrés de reconduites à la frontière et prenne prétexte de conditions de logement scandaleusement insalubres pour jeter des familles à la rue.

Parce que nous dénonçons les durcissements successifs de la législation concernant les personnes étrangères, qu’il s’agisse des demandeurs d’asile qui n’ont pas le droit de travailler et qui sont souvent sans logement, des victimes de la double peine qui n’a toujours pas été abolie, ou bien des personnes sans papiers qui accèdent de plus en plus difficilement aux soins les plus élémentaires et pourtant vitaux (Aide Médicale d’Etat).
Parce que nous combattons toute nouvelle loi ou décret restreignant encore plus le droit des personnes étrangères à vivre en famille, notamment en généralisant la suspicion sur les mariages ou la paternité.

Et parce que nous sommes écœurés qu’à Rennes, sous nos yeux, chaque semaine des dizaines de nouvelles personnes soient menacées d’être reconduites à la frontière, qu’elles aient ou non des enfants scolarisés, qu’elles soient ou non en couple avec un-e français-e, qu’elles soient ou non gravement malade, qu’elles soient ou non en danger de mort dans leur pays d’origine…

A l’appel du Réseau rennais d’information et de soutien aux sans-papiers : Collectif des parents de l’école Joseph Lotte, AIDES, ATTAC, Délégation rennaise Kurdistan, Mouvement de la Paix, MRAP, Relais Etrangers, Réseau Education Sans Frontières, CNT-STE35, FSU, Solidaires, Fédération Anarchiste, LCR, PCF, UDB.

A l’initiative du Collectif de soutien aux personnes sans-papiers et de la Coordination Bretagne Pays de Loire solidaire des personnes immigrées.

Attentat et répression dans la province de Hakkari – bilan

medium_256mo0083.3.jpgMercredi 9 novembre

La librairie Umut de Semdinli est plastiquée par 4 membres des services spéciaux de la Jandarma (forces paramilitaires sous le contrôle conjoint du Ministère de l’Intérieur et de l’Etat-Major de l’Armée turque) – 1 mort, au moins 5 blessés.
Après l’arrestation des militaires par la population, un rassemblement de protestation a lieu a Semdinli. Les occupants d’une voiture ouvrent le feu sur la foule – 1 mort par balles, au moins 10 blessés.

Jeudi 10 & vendredi 11 novembre

Les heurts continuent à Semdinli (des barricades sont érigées, un commissariat incendié) et s’étendent à Hakkari.

Mardi 15 novembre

Une manifestation à Yüksekova est réprimée – 3 morts (dont 2 par balles), au moins 9 blessés

Mercredi 16 novembre

Une manifestation à Hakkari est réprimée – 1 mort, au moins 15 blessés

Dimanche 20 novembre

Une manifestation à Mersin est réprimée – 1 mort, au moins 2 blessés

BILAN : 7 morts, au moins 41 blessés

La préfecture vient de décider de laisser les enfants de la famille Kayaalp finir leur année scolaire.

Cette décision nous réjouit évidemment : c’est celle du bon sens.

Qu’on soit jeune, parent ou grand parent, on ne peut accepter la maltraitance des enfants, car c’est bien de cela qu’il s’agit : on ne peut jouer avec la santé des enfants, on ne peut jouer avec leur devenir, alors même que la famille, bien acceptée dans le quartier, fait des efforts d’intégration : Cemile, la maman, suit des cours de français, les enfants sont scolarisés dans les établissements de la République et participent aux activités extra scolaires, comme celles de la ludothèque de la maison des jeunes et de la culture du quartier.

La France s’honorerait de donner à la famille Kayaalp les moyens de s’intégrer et ça passe, en premier lieu, par l’autorisation de travailler à donner à Sait, âgé de 40 ans, et père de cinq enfants. Chacun sait que les Kurdes sont courageux et travailleurs et tous ceux qui ont le droit de travailler occupent des emplois pénibles dans le bâtiment et dans la restauration, deux secteurs où les offres d’emplois existent. Le droit au travail n’est pas seulement une nécessité économique et la meilleure façon de lutter contre le travail clandestin, c’est aussi un facteur d’équilibre au niveau d’une société où l’on voit les ravages que peut faire le non emploi prolongé : perte de repères pour les uns, affaiblissement de l’autorité parentale pour les autres, désespérance pour tous.

En conclusion, tout en nous réjouissant de la décision préfectorale de laisser les enfants finir leur année scolaire, nous ne pouvons nous contenter de ce sursis qui ne règle rien sur le fond : la scolarisation de ces enfants ne s’arrête pas au terme de cette année scolaire et l’intégration complète de cette famille méritante, qui est venue se placer sous la protection de la France, passe par une autorisation au séjour qui donne au père et à la mère de famille les moyens d’élever leurs enfants dans la dignité.

La Délégation rennaise Kurdistan remercie toutes les personnes physiques et morales ainsi que toutes les personnalités qui sont intervenues en faveur de la famille Kayaalp.

Esat Canan, Député CHP de la ville de Hakkari, a confirmé que la population civile avait bien été l’objet d’attaques à l’explosif de la part des forces de l’Etat turc

Reportage de la BBC/ Turquie – [source]

Les premières éléments de l’enquête menée concernant l’attaque à l’explosif d’une librairie et l’arrestation de suspects ne sont pas sans rappeler le scandale de Susurluk, une affaire qui s’est déroulée dans un passé récent, en 1990. Alper Balli, de la BBC/Turquie, a pu rencontrer à ce sujet Esat Canan, député CHP de la ville de Hakkari, qui fut l’un des tout premiers à se rendre immédiatement sur place après les événements.

Esat Canan: c’était hier dans la matinée, un individu, descendu d’une voiture, s’est approché d’une boutique d’un “passage”, à Semdinli, pour y déposer un sac bourré d’explosifs avant de tenter de prendre la fuite. Mais les habitants du quartier, aux aguets, réussirent à le rattrapper et purent même intercepter le véhicule, avec deux autres personnes à bord, qui tentait également de forcer le passage. Ils savaient, en effet, “qu’une chose pareille pouvait arriver”, eux qui vivent à Semdinli, la peur au ventre, depuis des jours. Après échanges de coups de feu, les trois suspects se sont rendus aux forces de sécurité.

BBC: Est-ce que l’examen de la voiture a donné des résultats ?

Esat Canan: Oui. On a trouvé, dans la voiture, trois kalachnikovs, 10 chargeurs, quelques gilets de camouflages utilisés par les forces de sécurité et une documentation sur la fabrication et l’utilisation d’engins explosifs et de destruction. De plus, fut découvert, sur le siège arrière, un sac contenant deux bombes de faible puissance. Mais la découverte la plus importante fut celle de 4 dossiers. L’un d’eux, composé de 6-7 pages, renfermait des informations concernant le véhicule et prouvant qu’il appartenait à la jandarma, (immatriculation, procès verbal, signatures officielles…). Dans un autre fut trouvée une liste de noms comportant, notamment le nom, souligné en rouge, du propriétaire de la boutique, avec sa photo et tous ses coordonnées. Il y avait aussi un plan de situation de la boutique. Les autres dossiers renfermaient des listes de noms d’habitants de Semdinli et de dirigeants des partis, avec des mentions en marge comme “personne à risque ” ou le contraire. J’ai vu tous ces dossiers qui figurent dans les procès-verbaux établis sous l’autorité du procureur.

BBC: Après Yuksekova où des attaques à l’explosif ont déjà eu lieu, c’est donc maintenant Semdinli qui est visé. Comment cette situation est–elle vécue par les habitants? Quelle est l’atmosphère générale ?

Esat Canan: La population a constamment dénoncé cette situation, comme, par exemple, les attentats sur les lieux de travail. Tout le matériel trouvé dans la voiture est celui qu’on trouve dans les voitures des agents secrets. J’avais déjà, sur ce point, attiré l’attention des autorités qui a tendance à mettre toutes ces exactions sur le dos du PKK, alors qu’il est prouvé que, pour une grande partie, il n’en est pour rien.

Attaques à l’explosif par les forces de l’Etat turc contre la population civile

Sous-préfecture de Semdinli, province de Hakkari

Depuis longtemps, les forces de contre guérilla liées à l’Etat se rendent coupables de mitraillages ou d’attaques à l’explosif au Kurdistan et notamment à Hakkari et à Semdinli, sa sous-préfecture.

La dernière en date eut lieu le 9 novembre 2005, jour où la Commission de l’Union Européenne a accepté le rapport de la Turquie et où l’Allemagne a signé un compromis de vente de 200 tanks. Comme on le sait, le document de partenariat de l’Union Européenne et le rapport ne font nullement mention de la question kurde, ni de la violence qui prend sa source dans la politique gouvernementale de la Turquie.

Selon les informations recueillies, deux sous-officiers et un sergent, revêtus d’une tenue civile, ont lancé un engin explosif contre la librairie Umut, et ont tenté, après l’explosion de fuir en voiture avant de se faire arrêter par les habitants. La police a dû tirer en l’air pour disperser la population qui voulait les lyncher et les a conduit au commissariat. En outre, la voiture des militaires transportait de nombreuses armes et plusieurs sortes d’explosifs. Au cours de cette attaque contre la librairie, Mehmet Zahir KORKMAZ fut tué et Metin KORKMAZ gravement blessé. Pour disperser la foule massée devant l’hôpital, la police ne s’est pas contentée de tirer en l’air pour disperser les manifestants qui exprimaient leur colère : elle tira dans la foule, blessant Hursit TEKIN maire de Semdinli et 11 autre personnes venus dans le but de calmer les esprits.

Aux alentours de 16h30 la ville de Semdinli, encore sous le choc de ces explosions, fut de nouveau le théâtre d’incidents graves, ce qui fit monter la tension d’un cran : des coups de feu furent tirés, à partir d’une voiture blanche immatriculée 42 (de la ville de Konya). Selon les premières informations, on suspecterait un sergent d’être l’auteur de ces coups de feu qui auraient blessés 6 personnes, Ali Yılmaz, Vahit Canan, İslam Kaya, Muzaffer Ertaş Abdurrahman Dozder et Ali Yilmaz. Ce dernier aurait succombé à ses blessures vers 18 heures.

La population civile a pu établir que la voiture impliquée dans cet acte de terrorisme d’Etat appartenait à la police civile, et cette constatation a été confirmée par Esat Canan, députée du parti CHP. En dépit de l’interception par la foule des auteurs de ces actes délictueux, qui furent conduits au commissariat général par les forces de sécurités, le préfet de Hakkari a nié les arrestations, démontrant la volonté de l’Etat d’étouffer l’affaire.

En omettant de poser la question kurde dans le document de partenariat, en niant la politique de violence et de répression de l’Etat turc contre le peuple kurde, et en désignant les Kurdes comme responsables de ces tensions, l’Union Européenne encourage la contre guérilla liée à l’armée turque. Cependant, vu que les contre-guérillas liés à l’armée ont été attrapés en flagrant délit, et que le sergent a reconnu les attentats des 1, 3 et 9 novembre, le gouvernement se doit de remettre ces coupables à la justice.

Nous en appelons à l’opinion publique et aux forces démocratiques et leur demandons d’intervenir pour faire cesser ces attentats commis par les forces de l’Etat turc et rappelons à l’Union Européenne ses devoirs de justice et ses responsabilités à l’égard le peuple kurde.

Congrès National du Kurdistan- KNK

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