Soutien aux Kurdes... là-bas

Quatrième complot avorté contre le Maire de Diyarbakır

Pour la quatrième fois en quelques années, Osman Baydemir, maire de la ville métropolitaine de Diyarbakır (1,5 million d’habitants) est la cible privilégiée d’attentats ou d’entreprises de déstabilisation, d’après le quotidien turc Taraf, connu pour avoir publié des documents relatifs à la lutte sans merci que se livrent gouvernement islamo – conservateur d’un côté, opposition nationaliste de l’autre. Taraf est aussi à l’origine de révélations sur le mouvement ultranationaliste Ergenekon, soupçonné de tentative de coup d’Etat.

Les milieux proches de la mairie de Diyarbakır ont confirmé les faits : un jeune homme de 19 ans vivant à Ankara a été, via Facebook, contacté et instrumentalisé par des « inconnus » qui lui ont donné rendez–vous pour le 19 mars dans un lieu public proche du centre-ville de Diyarbakır, dans le but de préparer l’assassinat du maire de la ville.

Après avoir attendu plusieurs heures, le jeune homme, pris de panique, s’est rendu au commissariat de police d’où il est ressorti libre “comme toujours, en pareil cas” d’après le porte-parole de la section de l’Association turque des Droits de l’Homme de Diyarbakır (IHD) contacté par nos soins.

Aucune enquête n’a été diligentée, nous assurent plusieurs sources, et ce jeune homme n’a été entendu ni par un procureur, ni par un juge, au motif qu’il présenterait des troubles de la personnalité : pour autant il n’est soumis à aucun traitement ni contrôle médical.

On peut imaginer qu’on soit en présence d’un schizophrène et que toute cette histoire soit le fruit de son imagination délirante, mais on doit s’étonner alors de l’attitude de la police qui ne prend pas en compte les risques de passage à l’acte.

On ne peut pas ne pas penser qu’on a cherché à recruter, pour l’exécution de basses œuvres, une personne fragile psychologiquement ; dans ce cas nous sommes en présence d’un plan machiavélique de commanditaires armant le bras d’un “déséquilibré” pour supprimer, sans risque, une personnalité aussi charismatique que le maire de Diyarbakır.

Ayla Akat Ata, députée de Batman, au nom du groupe parlementaire du parti pro-kurde BDP, a posé une question orale au gouvernement et demandé l’ouverture d’une enquête.

André Métayer