Actualités du Kurdistan

Solidarité Afrin !

Depuis le 20 janvier 2018, l’armée d’occupation turque poursuit ses exactions dans le canton d’Afrin au Rojava (Kurdistan occidental syrien) et le peuple kurde d’Afrin fait face à un nettoyage ethnique par l’armée turque et ses alliés djihadistes.

La communauté internationale, elle, continue de garder le silence et ferme les yeux sur ces massacres. Malgré l’adoption d’une résolution par le Conseil de Sécurité de l’ONU pour l’arrêt des opérations militaires en Syrie, les attaques de l’armée turque continuent. Le cessez -le -feu est présent seulement sur le papier et il n’y a aucune force qui gère son application. Cela fait de la France, de l’Union européenne, des États-Unis, de la Russie et des Nations-Unies des complices de ces crimes.

Situation dramatique à Afrin

Depuis le début des attaques des centaines de civils ont été tués, on soupçonne que des villages ont été victimes d’attaques au gaz et des milliers de civils ont été forcés de fuir les raids aériens et les bombardements.

Actuellement, la ville d’Afrin est occupée par l’armée turque et ses milices religieuses. Les combattant·e·s YPG/YPJ/FDS qui défendent la Fédération démocratique du Rojava ont été contraint·e·s d’évacuer la ville et de se replier dans les montagnes du canton pour mener une résistance sous forme de guérilla. Ce choix difficile s’explique par la volonté d’éviter que ne se poursuive le massacre des civils et la destruction totale de la ville. L’armée turque est l’une des principales forces de l’OTAN ; elle dispose d’appui aérien, des dernières technologies et d’artillerie lourde : c’est encore une raison pour les combattants du Rojava de préférer une lutte de harcèlement à partir des montagnes de la région.

Le canton d’Afrin résiste donc toujours mais l’armée turque continue ses opérations criminelles dans les villages environnants. La crainte de la multiplication de crimes de guerre – pillages, épuration ethnique par le remplacement forcé des populations – est plus que jamais d’actualité, de même que la perspective annoncée par le dictateur Erdoğan d’étendre ses opérations armées illégales dans le reste des cantons du Rojava ainsi qu’en Irak.

Soutien au Rojava

L’Occident subit aussi les conséquences de cette politique impérialiste et fasciste de l’état turc. L’actualité récente nous en fait tristement la démonstration avec l’attentat revendiqué par l’Etat islamique en France il y a quelques jours.

En effet la solution la plus efficace et pérenne à la lutte contre les terroristes de Daesh est incarnée par les forces arabo-kurdes au Rojava. Ce sont ces forces qui ont battu l’Etat islamique dans tout le nord syrien et l’ont réduit à quelques foyers épars. Or, en lançant cette guerre, Erdoğan affaiblit gravement la lutte contre Daesh en détournant les Kurdes du combat crucial qu’ils mènent contre cette organisation en Syrie. Les forces kurdes ont ainsi été contraintes à stopper leur progression contre l’EI sur le front de Deir ez-Zor pour porter secours au canton assiégé d’Afrin. Pire encore, l’EI en est sorti renforcé et l’occupation d’Afrin favorise aussi l’implantation d’autres groupes djihadistes alliés à la Turquie. Soutenir la fédération du Rojava, c’est donc combattre les djihadistes là-bas mais aussi ici.

De plus, le projet de confédéralisme démocratique qui se construit au Rojava est l’option la plus progressiste dans la région. Il vise à une société plus égalitaire, démocratique, pluraliste (Kurdes, Syriaques, Arabes…) et à l’égalité homme-femme. En ce sens soutenir le Rojava c’est aussi œuvrer en faveur d’une expérience sociale qui est un exemple pour les peuples de la région mais aussi pour l’ensemble des peuples opprimés dans le monde et qui luttent pour leur émancipation.

Mobilisons-nous !

affiche_31_mars_net_bzh.jpgC’est à nous de rappeler à nos gouvernements qu’ils ont leur triste part de responsabilité dans les événements en cours en ne condamnant que du bout des lèvres ces crimes par de timides et ridicules « appels à la retenue », ou, pire, en disant « comprendre » leur allié de l’OTAN. Il est insupportable de continuer à traiter sur un plan diplomatique et économique avec une dictature fondamentaliste et belliciste comme la Turquie au lieu de faire pression sur cet Etat pour qu’il cesse immédiatement ses agressions.

En lançant cette campagne criminelle, il est clair qu’Erdoğan s’attaque à tous les Kurdes du monde. En s’opposant par la force à la révolution au Rojava, il s’attaque à toutes celles et ceux qui luttent pour un monde plus juste, démocratique et égalitaire !

Toutes et tous dans la rue le
31 mars, 14h, église de Kerentrech à Lorient

Solidarité Afrin !
Stop à l’occupation turque !