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Trois militants victimes d’une “fatwa” du ministère de l’Intérieur : des associations rennaises ne sont pas d’accord et le font savoir

Du jamais vu : trois membres du collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes sont appelés à comparaître en correctionnelle, accusés d’injures et de propos diffamatoires envers “un corps constitué de l’Etat” ! La lecture des tracts incriminés ferait plutôt sourire s’il ne s’agissait pas de l’attaque la plus mesquine mais la plus dangereuse contre le droit d’expression.

Cette plainte ne vise pas des dessins caricaturaux “provocants ou arrogants” qui auraient pu heurter des convictions politiques ou religieuses ; elles ne visent pas non plus des actions de commandos qui auraient, par exemple, abîmé la peinture des grilles d’un centre de rétention ; aucun fonctionnaire de la République n’a été molesté, aucun véhicule n’a été incendié, tout au plus, certains “ego” auraient été égratignés.

Les 500 personnes qui sont venues manifester, samedi, à Rennes, n’ont pas cru un seul instant à la fable de l’injure diffamatoire : elles se sont senties personnellement et collectivement visées par ce qu’elles considèrent comme une provocation et un avertissement auxquels elles ont répondu avec calme et détermination, de façon républicaine, somme toute.

Avec calme : il n’y eut aucun débordement ni aucune dégradation de la part des manifestants, sagement massés derrière la police motorisée.

Avec détermination aussi : les prises de parole de partis politiques comme le parti socialiste, le parti communiste, les Verts, la Ligue communiste révolutionnaire, de syndicats comme la F.S.U., la CFDT, des grandes associations, comme le Mouvement de la Paix, Le MRAP, et celle, bien entendu, du collectif de soutien aux personnes sans-papiers, l’ont amplement démontré ; les slogans aussi, repris avec force par les militants.

Le tribunal serait bien inspiré de calmer le jeu en renvoyant à plus tard l’audience prévue le 19 septembre, et le Ministère de l’Intérieur devrait avoir la sagesse d’opérer un repli stratégique, sauf s’il s’agit là d’une première contre la liberté d’expression, sauf s’il s’agit là de faire taire les associations qui s’honorent de défendre les droits humains.

André Métayer
Président