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Comment lutter syndicalement sous état d’urgence ? Grande soirée de soutien aux syndicalistes licencié.e.s en Turquie samedi 10 juin à Aubervilliers

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Communiqué de l’Union syndicale “Solidaires” :

Depuis l’été 2015, la Turquie est plongée dans une nouvelle phase du régime autoritaire. Plus de 135 000 salarié.es ont été licenciés en Turquie depuis les purges lancées par Erdoğan à l’automne 2016. Des enseignant.es, des infirmie.ères, des universitaires, des ouvrie.ères, des agents administratifs, se sont retrouvés du jour au lendemain sur le carreau par simple décret, sans acte d’accusation. Ce licenciement est synonyme pour chacun et chacune d’arrêt de mort : plus de revenus, pas de droits au chômage, plus de droits à la sécurité sociale, et une impossibilité de retrouver un emploi stable, ce à quoi s’ajoute l’interdiction de sortir du pays du fait de l’annulation des passeports. Cette vague de licenciements politiques sans précédent frappe de plein fouet les syndicalistes qui tentent de résister à l’autoritarisme néolibéral de l’AKP, à savoir essentiellement nos camarades de syndicats membres des confédérations syndicales KESK (public) et DISK (privé), seules confédérations syndicales à assumer une opposition frontale au régime Erdoğan. Près de 5000 de leurs membres ont ainsi été licenciés, près d’une centaine croupissent dans les prisons turques.

Encore une fois les zones kurdes sont en première ligne : les syndicats de lutte y sont plus présents qu’ailleurs et ils en paient le prix fort ! Ainsi, dans la foulée de la mise sous tutelle par l’État turc des villes tenues par le parti BDP (parti kurde), des milliers de travailleurs de ces mairies ont été mis à la porte sans motif, rayant au passage d’un trait de plume les conventions collectives négociées avec les anciennes équipes municipales.

Pour venir en aide aux syndicalistes licenciés en Turquie et au Kurdistan, l’Union syndicale Solidaires organise une soirée à Aubervilliers, samedi 10 juin, pour faire connaître la situation des syndicalistes du Kurdistan autour de cette question : comment lutter syndicalement sous état d’urgence ? Au cours de cette soirée de soutien un appel à la générosité du public sera lancé pour soutenir concrètement et financièrement les syndicalistes licenciés.

Samedi 10 juin – Au clos sauvage, 12 rue du Clos Bernard, Aubervilliers, à partir de 19h30

André Métayer