Rojbîn, Sakine et Leyla

Le domicile de la juge d’instruction chargée de l’affaire de l’assassinat de Rojbîn et de ses deux camarades a été cambriolé

Alors que nous nous inquiétions du silence entourant l’assassinat des trois militantes kurdes à Paris en janvier 2013 et exprimions nos craintes que cette l’affaire soit étouffée au nom de la raison d’Etat, Le Figaro et Le Parisien révélaient que le domicile de la juge d’instruction, Jeanne Duyé, avait été cambriolé :

l’appartement d’un juge d’instruction du pôle antiterroriste du tribunal de grande instance de Paris a été cambriolé, ce lundi 23 septembre. Selon nos informations, le ou les cambrioleurs seraient parvenus à entrer dans les lieux sans effraction avant de s’emparer d’un ordinateur portable contenant des informations sur les dossiers traités par le magistrat.

(Le Parisien.fr).

Selon un ancien haut responsable de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) :

Seule Mme Duyé est en mesure de dire précisément quels dossiers sensibles pouvaient éventuellement être accessibles sur son ordinateur ou même dans sa documentation personnelle. Nous saurons alors s’il y a un risque de compromission du secret défense, car les magistrats ont accès à certains rapports de la police antiterroriste qui sont bel et bien classifiés.

(Le Figaro).

Ce que Le Figaro et Le Parisien ne disent pas est que Mme Duyé, amenée à travailler en cosaisine sur divers dossiers, était l’une des juges en charge du dossier de l’assassinat de nos trois amies kurdes.

On ne peut pas ne pas se poser la question d’un lien possible entre ce cambriolage, sans effraction, et cette affaire, surtout après la décision des juges de rejeter la requête de la partie civile demandant des investigations supplémentaires devant permettre de savoir si le suspect N°1, mis en examen pour assassinat et écroué depuis le 21 janvier était déjà surveillé par les services secrets français. L’avocat A. Comte a fait appel de cette décision. Nous espérons qu’il sera entendu. Notre vigilance sera totale. Nous le devons à la mémoire des victimes.

André Métayer