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Condamnation de l’agression turque par l’Assemblée nationale

Les signataires invitent l’Assemblée nationale à solennellement condamner l’offensive militaire turque dans le nord-est de la Syrie et à apporter son indéfectible soutien aux Forces démocratiques syriennes (FDS).

Cette proposition de résolution (dont l’initiative revient à la députée Marielle de Sarnez, présidente de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale) présentée par les présidents des huit groupes parlementaires (Gilles Le Gendre, Christian Jacob, Patrick Mignola, Valérie Rabault, Jean-Christophe Lagarde, Philippe Vigier, Jean-Luc Mélenchon et André Chassaigne), a été votée à l’unanimité des présents le 30 octobre dernier. Pour la première fois dans l’histoire de l’Assemblée nationale, tous les présidents de groupe ont soutenu ensemble une déclaration politique commune.

Cette résolution se conclut par ces mots :

nous demandons une action de la France pour soutenir ses amis et alliés kurdes, restaurer la stabilité, et empêcher le chaos sécuritaire dans le Nord-Est syrien.

Nous en prenons assurément acte. Mais comme Mme de Sarnez le reconnait elle-même, « Recep Tayyip Erdoğan ne comprend que la fermeté. » Et la France a des leviers d’actions contre lui. L’Union européenne aussi. Il est donc nécessaire et urgent d’aller plus loin et en venir à des gestes plus significatifs, comme rompre les relations diplomatiques avec la Turquie, stopper le partage d’informations stratégiques, demander la suspension de la Turquie de l’OTAN, décider d’un embargo progressif, geler et saisir les avoirs du clan Erdoğan, fournir des armes anti-aériennes et anti-chars aux FDS, comme nous le demandons dans la pétition pour un soutien de la France au Rojava adressée au Président de la République.

L’Etat turc se conduit en prédateur

Il convient une fois encore de poser la question capitale : la Turquie est-elle un Etat de droit ? Assurément non. Il faut donc en tirer les conséquences : si la Turquie n’est plus un Etat de droit, si la Turquie emprisonne, mutile, spolie, voire éradique – comme l’écrit le journal Le Point – alors la résistance qui lui est opposée, politique comme celle du HDP ou armée comme celle du PKK, ne doit plus subir l’opprobre du mot “terroriste”, qui l’assimile aux bouchers de Daech. Le PKK doit être retiré de la liste des organisations terroristes, enlevant ainsi toute légitimité à l’invasion par la Turquie d’un pays souverain.

Des combats violents opposent les combattants des FDS aux envahisseurs turcs et aux groupes djihadistes affiliés. Mais l’agression turque ne se limite pas à la Syrie. L’aviation turque a bombardé la région de Shengal, au Sud-Kurdistan (Irak). On se souvient que des habitants de cette région, en majorité des Yézidis, ont été massacrés par les djihadistes de l’EI et que ce peuple a été sauvé d’un génocide grâce à l’intervention des combattants du PKK.

A Marseille, le préfet de région a entendu les cris “Stop Erdoğan”

Faisant suite aux fortes mobilisations à Marseille dénonçant l’invasion militaire turque dans le Nord de la Syrie, le cabinet du préfet de région PACA et des Bouches-du-Rhône a souhaité recevoir une délégation composée de représentants de la Coordination Solidarité Kurdistan des Bouches-du-Rhône, du Centre démocratique kurde de Marseille et de la CNSK. La délégation a demandé la mise en place de toute urgence d’une zone d’exclusion aérienne, la suspension de la Turquie de l’OTAN, la mise en place de mesures répressives, des sanctions économiques et financières, le déploiement d’un cordon humanitaire, le retour des ONG, la venue d’observateurs de l’ONU, la condamnation de la Turquie et de son président Erdoğan pour crime de guerre et crime contre l’humanité. Une note préfectorale sera transmise au Président de la République.

André Métayer