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Le mouvement ultra-nationaliste turc des Loups gris officiellement dissous en France

Le 4 novembre 2020, le journal Le Monde a annoncé la dissolution du groupe ultra-nationaliste turc des Loups gris, prononcé lors du Conseil des ministres, “conformément aux instructions du président de la République”. Plusieurs foyers de ce mouvement ont été identifiés sur le territoire et des membres de cette organisation ont participé à des camps d’entraînement, souligne le décret de dissolution, citant notamment un “camp des armes de jeunesse” organisé en Ardèche en décembre 2019. Les Loups gris promeuvent “une idéologie tendant à discriminer, voire à provoquer à la violence contre les personnes d’origine kurde et arménienne” poursuit le décret. Le texte évoque ainsi plusieurs “manifestations armées” contre ces populations, dans lesquelles a été impliqué le groupuscule. Le Monde rappelle que ce mouvement fondé dans les années 70 pour soutenir le Parti d’Action nationaliste turc (MHP) est “proche de l’idéologie fasciste“.

Nous avons souvent dénoncé les agissements de ce mouvement ultranationaliste de droite dont la volonté est de réunir tous les peuples turcophones que l’on trouve en Azerbaïdjan, dans les pays d’Asie Centrale, dans les Balkans et le Caucase. C’est ce qu’on appelle le panturquisme. Nous les avions rencontrés à Diyarbakir, en 1997, lors du tournage du film “Kurdistan je reviens d’un pays qui n’existe pas” :

J’ai également forcé la porte du bunker du MHP (Mulliyeti Harcke Partis) appelé les Loups Gris. Ce parti d’extrême droite, fortement gardé, qui a refusé de parler devant la caméra, affiche clairement ses options guerrières, nationalistes et panturquistes en s’identifiant à cette louve qui sauva le peuple égaré dans la montagne et en se prétendant, à son tour, le guide du peuple turc, pour conduire une politique hégémonique de ce qui serait, alors, la « grande Turquie ». Les loups gris, redoutés des Kurdes, sont soupçonnés, depuis le massacre de Maraş de 1978, de former les brigades spéciales “anti-terroristes” et d’être les auteurs d’enlèvements, de disparitions et autres crimes à auteurs inconnus.

En 2008, nous avons pointé du doigt une photo parue dans Ouest-France, à l’occasion d’un match de football Allemagne-Turquie, où deux “supporters” de l’équipe de Turquie faisaient ostensiblement le signe des Loups gris en guise de signe de victoire (OF nous a exprimé ses regrets).

La Coordination nationale Solidarité Kurdistan avait posé aux candidats à l’élection présidentielle 11 questions, dont celle-ci ayant trait à la coopération franco-turque en matière de sécurité et de défense : “la France prendra-t-elle des mesures pour faire cesser sur son sol les activités des services spéciaux turcs ? Celles des réseaux islamistes dépendant de l’AKP, parti islamiste aux mains de l’autocrate Erdoğan ? Et celles liées à l’organisation criminelle d’extrême-droite turque des “Loups gris” ?

André Métayer