Nasim Kadirpoor était l’invitée de l’espace Ouest-France , ce mercredi 3 juin, pour présenter son livre : « Souvenez-vous … Le Kurdistan brûle encore et toujours ».
Christophe nous livre ses émotions : ‘’un récit personnel…. Du plus profond de soi … un hommage aux combattant-e-s… des clefs pour comprendre… une expérience intime et bouleversante…’’
Christophe connait bien Nasim : il était l’un des organisateurs de la rencontre-débat qu’il avait animée, en novembre 2022, à Saint-Senoux, au bar ‘’le Baranoux’’.
André Métayer
Le Kurdistan brûle encore et toujours
Un récit personnel venu du plus profond de soi, un hommage à celles et ceux qui se sont battus jusqu’au bout pour le Kurdistan et la dignité humaine, mais aussi des clefs de compréhension forgées par le feu des armes et de la guerre qu’elle a côtoyés au plus près, par choix ou malgré elle. C’est ce qu’a offert Nasim Kadirpoor à la quarantaine de personnes présentes ce mercredi 3 juin à l’Espace Ouest-France lors de la présentation de son premier ouvrage publié en français « Souvenez-vous… Le Kurdistan brûle encore et toujours » aux éditions (rennaises) Hedna.
Journaliste et écrivaine originaire de Baneh au Rohjelat (Kurdistan de l’Est, en Iran), Nasim vit depuis près de six ans à Rennes. D’une enfance bercée au son des avions et du canon lors du conflit Iran-Irak (1980-1988) aux combats acharnés menés par les forces kurdes contre l’Etat islamique, son parcours ressemble à un torrent s’écoulant du Zagros au printemps. Son engagement patriotique indéfectible se double d’une lutte émancipatrice pour les femmes dans une région du monde où l’un comme l’autre peuvent avoir de funestes conséquences… et lui valent d’ailleurs de vivre parmi nous aujourd’hui.
Nasim a déjà fui l’Iran pour vivre au Bashûr (Kurdistan du Sud, en Irak) lorsque la déferlante mortifère de l’Etat islamique s’y abat au tournant de l’année 2014. Choquée et révulsée, elle décide néanmoins de descendre dans les tranchées aux côtés des peshmergas. Pendant plusieurs années sur la ligne de front, elle partage leur quotidien, leurs peurs et leurs joies, leurs doutes et leurs espoirs. Une bonne partie de son livre est consacré à cette expérience intime et bouleversante. Les témoignages de combattantes et combattants kurdes nous donne à voir des points de vue bien souvent inédits pour nous et jalonnés d’anecdotes personnelles.

le pire pour le Kurdistan reste à craindre
Comme le fait remarquer Nasim Kadirpoor, le pire pour le Kurdistan donne souvent l’impression d’être derrière nous avec la défaite militaire de l’Etat islamique. Pour autant, l’horizon demeure obscurci au-dessus du plus grand peuple sans Etat au monde. En janvier, les forces kurdes progressistes de Syrie ont été attaquées, acculées puis contraintes d’accepter leur intégration au nouvel appareil d’Etat syrien selon des termes dictés par Damas. Parallèlement, la répression aveugle du régime iranien ne connaissait aucune retenue, en particulier sur les Kurdes, perçus par Téhéran comme les forces d’opposition interne les plus sérieuses. En Turquie et malgré le dépôt des armes du PKKPartiya Karkerên Kurdistan, Parti des Travailleurs du Kurdistan, fondé en 1978. More opéré l’an dernier, aucune avancée n’est à signaler.
N’oublions jamais que si l’incendie d’intolérance et de barbarie déclenché par l’EIPrétendu « Etat islamique » groupe terroriste djihadiste (anciennement « Etat islamique en Irak et au Levant »). More au Moyen-Orient et en Europe a pu être circonscrit, le mérite en revient largement aux femmes et aux hommes du Kurdistan. Nous avons vu ce feu car nous avons senti son effroyable chaleur. Ne laissons pas nos camarades d’hier et d’aujourd’hui en proie à d’autres flammes qui n’ont nul besoin de consumer la cime des arbres pour se propager par leurs racines et surgir au moindre appel d’air.
Christophe Thomas
Le livre « Souvenez-vous… Le Kurdistan brûle encore et toujours » aux éditions (rennaises) Hedna., peut être commandé auprès de tout libraire.