Soutien aux mouvements démocratiques

Candidats présidents : “quelles initiatives entendez-vous prendre afin de favoriser un règlement politique et pacifique de la question kurde?”

Publié

La Coordination nationale Solidarité Kurdistan (CNSK) entend poser cette question avec force à tous les candidats et à toutes les candidates à l’élection de la présidence de le République française. Elle est composée des Amis du Peuple kurde en Alsace, des Amitiés Corse Kurdistan, des Amitiés kurdes de Bretagne (AKB), de l’Association iséroise des Amis des Kurdes (AIAK), du Centre d’Information du Kurdistan (CIK), de la Fédération des Associations kurdes en France (FEYKA), de Hauts-de-Seine Kurdistan, du Mouvement de la Paix, du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), du Parti communiste français (PCF), de Solidarité et Liberté (Marseille), Union démocratique bretonne (UDB).

Le gouvernement AKP de Turquie soumet à une répression sans précédent la population kurde et notamment les cadres du BDP, Parti (pro-kurde) pour la Paix et la Démocratie, membre du Parti socialiste européen et de l’Internationale socialiste. Plus de 6 500 personnes, membres actifs du BDP pour la plupart, ont été depuis 2009 interpellées et mises en détention pour des raisons politiques, parmi les quelles on compte 31 maires sur 98 et six députés sur 36. La répression s’abat aussi sur des professions ciblées : une cinquantaine d’avocats et une centaine de journalistes sont actuellement emprisonnés.

A ce jour, aucune initiative politique, aucun signe d’ouverture ou de dialogue n’ont été engagés par les autorités turques pour ouvrir une voie à une solution politique et pacifique à la problématique kurde en Turquie. Pour la CNSK, la défense des droits humains, de la liberté d’expression, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes devraient être au cœur des préoccupations du prochain président de la République française.

Un pays comme la France a quelques responsabilités dans l’établissement des frontières au Moyen Orient qui ont sacrifié l’identité kurde. Il n’est donc pas déraisonnable de penser qu’il pourrait revenir à un grand président de la République française de prendre des initiatives qui favoriseraient un règlement politique et pacifique de la question kurde.

Dénoncerez-vous les accords de coopération sécuritaire, signés avec la Turquie ?

La situation est loin d’être insoluble : les revendications culturelles et politiques des Kurdes sont légitimes et peuvent trouver réponse dans une nouvelle constitution, pour peu que s’ouvrent de vraies négociations, y compris avec les représentants de la lutte armée.

L’attitude des pays de membres de l’OTAN, dont la France, n’est pas pour encourager la Turquie dans cette voie, bien au contraire, comme le montrent par exemple les accords sécuritaires signés par le gouvernement Fillon avec Ankara, qui se traduisent par la chasse aux militants kurdes résidant en France, sous le prétexte fallacieux “d’association de malfaiteurs en relations avec une entreprise terroriste”.

Cette politique répressive prend aussi d’autres formes et trouve des relais en Europe, à l’exemple de l’opérateur satellitaire Eutelsat Communication qui a cessé, il y a quelques semaines, la diffusion de la chaine kurde RojTV. C’est une décision politique extrêmement grave contre la liberté d’expression qui ne peut qu’encourager les autorités turques à intensifier la répression que subissent les représentants de la presse écrite ou parlée. On ne peut écarter l’hypothèse que cette décision soit une des conséquences du soutien de la France à Ankara, manifesté par l’accord de coopération sécuritaire à propos duquel Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, déclarait “qu’il va bien au delà des accords que la France signe habituellement dans le domaine de la sécurité”.

André Métayer